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Partager Partager Ce week-end, le festival Les Femmes s’exposent inaugurait sa neuvième édition à Houlgate, petite ville balnaéaire normande. À cette occasion, les noms des lauréates ont été dévoilés. La photographe italienne Valentina Sinis a remporté la bourse de création émergente avec un projet consacré aux brebus, formules verbales ancestrales aux vertus guérisseuses et protectrices dont les dernières gardiennes, des femmes âgées de Sardaigne, perpétuent encore aujourd’hui la transmission orale. Du côté des prix, ce sont Fiona Forte et Marie Génel qui sont les lauréates de cette édition 2026. Valentina Sinis remporte la bourse de création émergente financée par le fonds de dotation Porosus, fonds Régnier pour la Création et Les femmes s’exposent pour son projet intitulé « Les brebus : la parole vivante ». Grâce à cette bourse, elle pourra développer son travail documentaire et sera exposée lors de l’édition 2027 du festival. Photographie issue d’une précédente série « Were Afghan Women to Unveil Their Tales » © Valentina Sinis Les brebus : la parole vivante En Sardaigne, d’anciens rituels de guérison fondés sur le pouvoir des mots prononcés sont encore pratiqués aujourd’hui. Connues sous le nom de brebus, ces formules verbales sont censées guérir les maladies, lever les malédictions et protéger les individus du mal. Plus que de simples incantations, elles constituent une forme de savoir traditionnel transmis oralement de génération en génération. En sarde, « brebu » signifie « mot », mais désigne également un mot actif capable de produire des effets concrets. Les praticiens font la distinction entre les prières et les brebus : les prières sollicitent l’intervention divine, tandis que les brebus sont des mots opératoires récités avec des gestes et des enchaînements précis. Les femmes jouent un rôle fondamental dans la préservation de cette tradition. Dans de nombreuses communautés sardes, les femmes âgées deviennent les gardiennes des brebus, agissant en tant que guérisseuses informelles sur lesquelles on compte pour les soins et la protection. Ce projet photographique documentera la présence contemporaine des brebus à travers des rencontres avec les femmes qui continuent de les pratiquer aujourd’hui. Ce travail examinera comment une croyance ancestrale continue de façonner la vie quotidienne en Sardaigne. © Fiona Forte La photographe française Fiona Forte remporte le PRIX SAIF x Les femmes s’exposent sur la magie dans notre monde avec sa série « Un soleil d’or à la tombée de la nuit ». Une exposition qui sera présentée en novembre prochain à la galerie de l’UPP. Le jury était constitué de Jordan Alves (Co-directeur associé, L’Atelier EXB), Anne Degroux (Directrice adjointe, Les femmes s’exposent), Mahé Elipe (Photographe et lauréate 2025), Isabelle Habert (Iconographe, La SAIF), Benoît Pelletier (Directeur artistique, Process magazine) et Anthony Voisin (Photographe, Commission exposition de l’UPP). Au Sítio Ágatha, dans le Pernambuco, au Brésil, Luiza, Nzinga et Agatha, trois générations de femmes de la famille Cavalcante, vivent depuis 2006 sur des terres où leur ancêtre fut réduite en esclavage. Huit années de lutte ont été nécessaires pour obtenir ces terres, aux côtés de 300 familles paysannes. Elles militent depuis pour une justice sociale et environnementale à travers l’afroécologie, une pratique liée aux savoirs afro-brésiliens et indigènes, où le rapport au vivant engage autant le spirituel et le politique. Les divinités Orixás, issues des cosmologies yoruba et présentes dans les religions afro-diasporiques, imprègnent le sacré et le profane. Ici, la terre, l’eau, l’air et le feu s’entrelacent dans un rituel de régénération. Dans cet espace habité d’êtres et de récits, l’invisible façonne le visible, entre mémoire et devenir, entre ce qui fut et ce qui sera. Le Sítio Ágatha a été pour moi un espace d’accueil et de déplacement : dans ma manière de regarder, de comprendre et de me situer. J’y ai tenu un journal, archive de cette expérience et fragment de l’histoire de la famille de Luiza, où mes archives personnelles entrent en relation avec celles de leur lutte. Eric Lombard – Nicodème AcierChef d’agence / Corsaire philanthrope© Marie Genel Marie Genel remporte le Prix Fujifilm x Les femmes s’exposent avec sa série « Recto-Verso » sur les pratiques personnelles Métier et passion, un projet réalisé à Dunkerque, dans le cadre d’une résidence artistique. Le jury était composé d’Anne Degroux (Directrice adjointe, Les femmes s’exposent), Christophe Eisenhuth (Responsable communication, Fujifilm), Victor Gassmann (Secrétaire général, PICTO) et Béatrice Tupin (Fondatrice et Directrice, Les femmes s’exposent). Qu’est-ce qui nous définit le mieux ? La manière dont nous gagnons notre vie ou celle qui nous anime et nous sublime ? Photographié·e·s sur leur lieu de travail, ces hommes et femmes ont modifié un ou deux éléments de leur réalité professionnelle, tantôt une posture, tantôt un outil, un vêtement ou un accessoire faisant écho à leur passion. En créant ainsi des scènes décalées et surréalistes, chacun·e s’est finalement révélé·e dans sa propre vérité, avec souvent beaucoup d’émotion. Lors de cette série, réalisée à Dunkerque, j’ai constaté que seules 3 femmes pour 15 hommes avaient répondu à mon appel à participation. Cela interroge la place que les femmes s’autorisent à donner à leurs passions et à leurs loisirs, surtout après avoir fondé une famille. Dix ans après, j’ai le projet de renouveler l’expérience avec un projet inversé, en partant des pratiques personnelles et en particulier celles des femmes. Le festival est ouvert tout l’été jusqu’au 4 septembre prochain, les expositions sont en accès libre en plein air. INFORMATIONS PRATIQUES ven05jui(jui 5)10 h 00 minven04sep(sep 4)18 h 00 min9ème édition Les Femmes s'exposent OrganisateurLes Femmes s'exposent Détail de l'événementPhoto : ©️ Cooper & Gorfer Ni muses, ni dilettantes Des auteures engagées Cette année, nous réaffirmons avec force une évidence trop longtemps minimisée : les femmes photographes ne peuvent être réduites Détail de l'événement Photo : ©️ Cooper & Gorfer Ni muses, ni dilettantes Des auteures engagées Cette année, nous réaffirmons avec force une évidence trop longtemps minimisée : les femmes photographes ne peuvent être réduites à des muses, assistantes ou talents secondaires. Elles sont des auteures à part entière. La photographie n’est pas pour elles un hobby, c’est leur métier. Elles construisent des récits, façonnent des archives, déplacent les imaginaires, interrogent le monde et ouvrent de nouveaux territoires sensibles. Et, pourtant, malgré leur engagement, leur exigence et leur contribution essentielle à l’histoire et à l’actualité de la photographie, leur visibilité demeure insuffisante, leurs parcours, entravés, leur reconnaissance, incomplète. Les nommer comme auteures, c’est affirmer leur place, reconnaître leur autorité artistique. C’est refuser qu’elles restent dans l’ombre alors même qu’elles éclairent le monde. Le monde qu’elles révèlent À travers leurs images, ce sont les métamorphoses du vivant qui se révèlent : la biodiversité fragilisée, les écosystèmes sous tension, les paysages transformés par l’activité humaine, les relations complexes entre humains et non-humains. Certaines documentent les dérèglements climatiques, d’autres explorent le coût caché de nos désirs mondialisés, interrogent les promesses du progrès technologique, scrutent les astres, imaginent des horizons inclinés où fiction et réalité se mêlent. Mais ces travaux ne se limitent pas au constat. Ils ouvrent des espaces de paix. Ils réveillent la mémoire des territoires. Ils racontent les résistances. Ils convoquent l’utopie, l’onirique, l’élan d’un avenir possible. Former les regards pour transformer le monde Face à l’urgence écologique et à la persistance des inégalités dans le champ culturel, notre engagement reste double : valoriser la création féminine dans la photographie professionnelle, et sensibiliser le grand public aux enjeux de notre époque par la force des images. Nous défendons une photographie incarnée, sensible, loin du sensationnalisme. Une photographie qui informe autant qu’elle émerveille et relie. Festival grand public, Les femmes s’exposent propose des expositions accessibles à toutes et tous, des rencontres et conférences avec les artistes, des actions pédagogiques et des ateliers pour les jeunes générations. Car apprendre à regarder est une nécessité citoyenne. Lire une image, c’est déjà exercer son esprit critique. Dans un monde traversé par les fractures écologiques et sociales, les femmes photographes observent, alertent, questionnent, imaginent. Elles nous rappellent que l’art n’est pas un luxe, mais une nécessité démocratique. Elles regardent le monde en face. À nous de regarder autrement. Béatrice TUPIN Présidente du festival LES EXPOSITIONS 2026 : – Olympia de Maismont | Les mains du cuir (Nigeria) – Sophie Paulin | Une fenêtre sur l’univers – Cooper & Gorfer | Utopia – Between These Folded Walls – Chiara Negrello | Au-dessus des champs – Louisa Ben | Si dios quiere – Véronique de Viguerie | Le mirage vert (Émirats arabes unis) – Marie Magnin | Grande eau – Anne-Lou Buzot | La théorie de l’horizon incliné – Daniela Sala | Le coût caché de la douceur (Mongolie) – Flore Prébay | Onirique – REGARDS EN CONSTRUCTION Éducation à l’image à l’école de Houlgate – DRONE DE VIE par les jeunes du lieu de vie du CPCV Dates5 Juin 2026 10 h 00 min - 4 Septembre 2026 18 h 00 min(GMT-11:00) OrganisateurLes Femmes s'exposentLearn More CalendrierGoogleCal Marque-page0
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