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Aurélie de Lanlay, Christoph Wiesner © Jean Picon / Saywho Avec quelques 175 000 visiteurs en 2025, le succès conduit aussi à une mission de transmission et d’inclusivité à travers un certain nombre de dispositifs et tout au long de l’année avec la Rentrée des images, la Maison des Arènes ou le futur site des Papeteries (anciennes Papeteries Etienne), pôle de production. Le festival est réparti en 6 séquences autour d’enjeux tels que : Les utopies politiques et culturelles post-indépendance (Afrique et dans le monde méditerranéen), les mouvements et circulations (humains et culturels), le vivant et l’environnement, des relectures historiques et critiques, l’archive et les scènes émergentes. 1. Indépendances La séquence « Indépendances » des Rencontres d’Arles 2026 s’inscrit dans une lecture critique des processus de décolonisation, envisagés non comme un moment clos de l’histoire, mais comme un champ de tensions encore actif dans les images contemporaines. À travers des œuvres de Paul Kodjo, Sammy Baloji, Katia Kameli, Thato Toeba, James Barnor, Carlos Idun-Tawiah, Paul Strand ou encore Rita Mawuena Benissan, l’exposition déploie un ensemble de récits visuels qui interrogent les conditions mêmes de production des imaginaires postcoloniaux. © Carlos Idun-Tawiah, Many Reasons to Live Again [De nombreuses raisons de vivre à nouveau], 2022 Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la Galería AltaL’enjeu n’est pas seulement de documenter les indépendances africaines et méditerranéennes, mais de montrer comment ces événements ont été représentés, appropriés, ou parfois invisibilisés par les régimes d’images. Chez Paul Kodjo, la construction d’une culture visuelle ivoirienne après l’indépendance révèle la naissance d’une modernité photographique locale, traversée par les enjeux de mise en scène de soi et de souveraineté culturelle. À l’inverse, le travail de Sammy Baloji opère une archéologie critique des traces coloniales persistantes dans les paysages urbains et industriels du Congo, en confrontant archives, savoirs anthropologiques et dispositifs contemporains de représentation. Avec Katia Kameli, le récit algérien se déploie comme une narration fragmentée, polyphonique, où l’image devient un espace de circulation entre mémoire intime et histoire collective. Cette approche refuse toute linéarité historique au profit d’une écriture visuelle ouverte, traversée par les voix multiples de l’Algérie postindépendance. De son côté, Thato Toeba mobilise le collage et les archives pour déconstruire les récits coloniaux sud-africains et interroger les absences, les lacunes et les hiérarchies de visibilité dans les régimes d’images hérités. Ces propositions dialoguent avec des figures historiques comme James Barnor, dont les photographies accompagnent l’émergence du Ghana postcolonial, ou Paul Strand, dont le regard extérieur sur les réalités africaines interroge aujourd’hui les conditions de l’énonciation documentaire. Les œuvres de Carlos Idun-Tawiah et Rita Mawuena Benissan, plus contemporaines, prolongent cette réflexion en réactivant les imaginaires de la nation ghanéenne à travers des formes esthétiques hybrides, entre photographie, installation et culture visuelle élargie. 2. Traversées La séquence propose une lecture de la photographie centrée sur le mouvement, les passages et les circulations, qu’elles soient géographiques, historiques ou intimes. Elle envisage le déplacement non comme simple motif documentaire, mais comme condition même de production des images contemporaines : ce qui se voit ici est toujours déjà traversé par ailleurs. Dans les œuvres de Bruno Boudjelal, cette logique de la traversée prend la forme d’une dérive longue et subjective à travers les territoires du Maghreb et de l’Afrique subsaharienne. L’image y devient carnet de route, fragment de mémoire et trace d’un rapport instable à l’origine. Le déplacement n’est jamais neutre : il engage une relecture de soi autant qu’une reconfiguration des espaces parcourus, où l’acte photographique se confond avec une quête identitaire en perpétuelle recomposition. Chez Anne-Lise Broyer, la traversée se déplace vers une poétique du paysage méditerranéen, travaillé comme espace de seuil. Ses images, souvent marquées par une attention au livre, à l’écriture et à la matérialité de la mémoire, construisent une géographie sensible où la Méditerranée apparaît moins comme une frontière que comme un intervalle chargé de récits, de strates historiques et de tensions politiques. La séquence met également en jeu des formes de circulation plus contemporaines, liées aux migrations, aux exils et aux mobilités contraintes. Ici, la traversée n’est pas choisie mais subie, et la photographie se confronte à ses propres limites : comment représenter des trajectoires souvent invisibilisées, fragmentées ou empêchées ? Ce qui se dessine, à travers ces pratiques, est une conception élargie du déplacement, les images deviennent des surfaces de transit. 3. Vies sensibles Dans son ensemble, « Vies sensibles » construit une lecture du vivant comme milieu partagé, traversé par des forces biologiques, politiques et symboliques. La photographie y est moins envisagée comme un outil de capture que comme un espace de co-existence entre humains et non-humains, visibles et invisibles, matière et image. La séquence « Modèle animal » déploie une histoire longue de la photographie à travers la figure de l’animal, envisagé à la fois comme sujet scientifique, compagnon affectif, surface de projection symbolique et objet d’exploitation. Meghann Riepenhoff, Service géologique des États-Unis #410401112134801, niveau d’eau leplus bas, 4 190 pieds, précipitations verglaçantes, Antelope Island Causeway (Great Salt Lake,UT, 15.12.21), série Waters of the Americas [Eaux des Amériques], 2014-en cours, cyanotypedynamique uniqueAvec l’aimable autorisation de l’artiste.L’exposition « Lame de fond » de Meghann Riepenhoff constitue l’un des points les plus radicaux de cette proposition. Ses cyanotypes réalisés sans appareil photographique, en contact direct avec la pluie, la mer ou la glace, déplacent la photographie vers un régime d’empreinte. Le paysage n’est plus représenté mais inscrit dans la matière même de l’image. Ce geste dissout partiellement la séparation entre sujet et objet : la nature ne figure plus dans l’image, elle agit sur elle, devenant un agent à part entière du processus de création. Avec « Le Corps vitré » de Lara Tabet et Yasmine Chemali, la réflexion se déplace vers l’invisible biologique. En mobilisant la bactériographie et des prélèvements issus d’environnements portuaires et industriels, les artistes font émerger un monde micro-organique qui échappe habituellement au champ de perception. Ici, la photographie devient un dispositif d’enquête scientifique autant qu’un outil critique, révélant les circulations invisibles entre pollution, milieux urbains et formes de vie microscopiques. Le vivant n’est plus seulement ce qui est vu, mais ce qui prolifère à même les surfaces de l’image. L’exposition collective « Flower Power », conçue par Beata Nowak et Michel Poivert, aborde quant à elle le motif floral comme une forme historiquement saturée, entre décoratif, politique et imaginaire écologique. En déconstruisant l’iconographie de la fleur, les artistes interrogent la manière dont un motif apparemment banal condense des enjeux esthétiques et idéologiques. La fleur devient un opérateur critique permettant de penser la fragilité du vivant autant que sa récupération symbolique dans les discours contemporains. Enfin, « La Terre amoureuse » de Rebekka Deubner inscrit cette réflexion dans une dimension explicitement politique. En documentant les mobilisations écologiques et les conflits autour des territoires agricoles et naturels, notamment en France, le projet met en évidence la dimension conflictuelle du vivant. Le paysage n’est plus un espace neutre mais un champ de tensions où s’affrontent usages, résistances et formes de domination. Le corps humain y apparaît comme un acteur situé, engagé dans des luttes écologiques et sociales. 4. Relectures La séquence ne se limite pas à un travail d’archives ou de commémoration, « Relectures » apparaît comme un espace critique où l’histoire de la photographie se construit moins dans la continuité que dans la discontinuité des regards, des usages et des interprétations. Cette approche repose sur un principe curatorial essentiel : la photographie n’est pas un patrimoine neutre, mais un langage traversé par des rapports de pouvoir, des contextes historiques situés et des régimes de visibilité différenciés. En réactivant des œuvres de William Klein, Harry Gruyaert, Ming Smith, Martine Barrat ou encore d’autres figures majeures de la modernité photographique, la séquence ne cherche pas à figer leur importance, mais à en déplacer les lectures possibles. Chaque corpus devient ainsi un espace de recontextualisation où les images sont confrontées à leurs conditions de production, de circulation et de réception. William Klein, collage pour le film Mister Freedom, v. 1967 Avec l’aimable autorisation du Studio William Klein et du William Klein Estate Chez William Klein, par exemple, la violence formelle et la fragmentation urbaine de ses images, souvent lues comme une célébration de la modernité, peuvent être relues aujourd’hui à travers les dynamiques contemporaines de saturation visuelle et d’accélération des flux urbains. L’œuvre de Harry Gruyaert, quant à elle, permet de repenser la couleur non comme simple registre esthétique, mais comme construction culturelle du réel, où les territoires sont filtrés par des systèmes de perception liés à l’histoire du regard occidental. Martine Barrat, Le South Bronx, 1979 Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la Galerie Rouge La présence de Ming Smith introduit un déplacement essentiel : celui d’une modernité photographique qui ne peut plus être pensée uniquement à partir de ses centres euro-américains. Son travail, ancré dans les réalités afro-américaines, met en crise les récits dominants de la photographie humaniste en y introduisant des formes de temporalité, de mémoire et de spiritualité longtemps marginalisées. De même, Martine Barrat propose une approche engagée du documentaire, où les communautés représentées deviennent co-productrices de l’image, brouillant les frontières entre observation, participation et récit partagé. 5. Archives incertaines Lee Shulman et Omar Victor Diop, Being There, 2023Avec l’aimable autorisation des artistes. « Archives incertaines » explore un territoire instable où la mémoire collective se façonne à partir d’images qui échappent à toute évidence. Avec Memory Palace, Clément Cogitore interroge les strates sédimentées de notre imaginaire visuel et questionne ce que nous décidons de retenir ou d’oublier. Nous ne sommes pas seuls s’aventure, quant à lui, aux marges de l’interprétation, là où de simples photographies du ciel ont pu susciter des visions de l’extraordinaire. L’œuvre met en tension les frontières entre voir, croire et vouloir voir. Dans Being There, Lee Shulman et Omar Victor Diop réinvestissent des scènes ordinaires de l’Amérique des années 1950 et 1960, y insérant une présence noire que l’histoire officielle avait effacée ou rendue impossible. Ils mettent ainsi en lumière les silences inhérents à toute archive. 6. Scènes émergentes Charlotte Yonga, Dïane, Mahenina et Belly, Antananarivo, Madagascar, 2024Avec l’aimable autorisation de l’artiste. Cette année encore, les Rencontres d’Arles mettent en lumière l’émergence de nouvelles voix sur la scène artistique contemporaine. L’exposition du Prix Découverte Fondation Louis Roederer investit l’Espace Monoprix sous le commissariat de Nadine Hounkpatin. Elle propose une réflexion sur la notion de vérité en photographie à travers la sélection de sept artistes internationaux, pour qui le médium devient un espace de partage, de relation, mais aussi d’engagement et de responsabilité. Dans ce cadre citons les projets de : Jordan Beal (Linèaments), Mallory Lowe Mpoka (Cosmologies des héritières), Amira Lamti (Bent El Machta), Charlotte Yonga (TSY Possible), Souleymane Bachir Diaw (Sutura), Magali Paulin (Matières fantômes), Phan Quang (Re-cover). La programmation valorise également la jeune génération de commissaires, à l’image d’Alessandra Chiericato, lauréate 2024 de la bourse de recherche curatoriale des Rencontres d’Arles. Elle y développe une lecture singulière de la « nature cannibale » des images, interrogeant leur capacité à se nourrir, se transformer et se recycler au sein du flux visuel contemporain. INFOS PRATIQUES : Les Rencontres d'Arles32, rue du Docteur Fanton 13200 Arles lun06jul(jul 6)10 h 00 mindim04oct(oct 4)19 h 00 minLes Rencontres d'Arles 2026Des mondes à relireLes Rencontres d'Arles, 32, rue du Docteur Fanton 13200 Arles Détail de l'événementPhoto : Carlos Idun-Tawiah, Many Reasons to Live Again [De nombreuses raisons de vivre à nouveau], 2022 Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la Galería Alta. Dans une période où Détail de l'événement Photo : Carlos Idun-Tawiah, Many Reasons to Live Again [De nombreuses raisons de vivre à nouveau], 2022 Avec l’aimable autorisation de l’artiste et de la Galería Alta. Dans une période où tout semble pousser à simplifier, à opposer et à réduire, nous avons souhaité que ces 57e Rencontres d’Arles créent au contraire un espace pour accueillir la complexité et la sensibilité. Non pour adoucir artificiellement la violence du réel, mais pour lui restituer toute sa profondeur. Pour regarder ce monde parfois inquiétant sans cesser d’y chercher des formes de beauté, de relation et de liberté. La photographie a cette capacité rare de tracer des routes et des cheminements inédits qui décentrent notre regard. Médium essentiel, elle révèle ce qui nous échappe, ce qui subsiste, circule, se transmet et relie. Capable de conjuguer la grande Histoire avec des récits plus intimes, la photographie ouvre sur de possibles bifurcations. Ce décentrement du regard anime l’œuvre de grandes figures, telles que William Klein – auquel les Rencontres rendent hommage à l’occasion du centenaire de sa naissance –, et qui n’a cessé de bousculer les formes et les conventions. Cette édition permet également de redécouvrir Martine Barrat, dont l’œuvre puissante et singulière nous plonge dans les quartiers marginalisés de la Goutte d’Or à Paris et du New York des années 1970, entre Harlem et le Bronx. Nous célébrons aussi Ming Smith, dont la vision libre et poétique a frayé de nouvelles voies dans l’histoire de la photographie américaine. Harry Gruyaert, de son côté, nous convie à un travelling urbain éclatant de couleur au fil de compositions millimétrées, de New York à Zanzibar en passant par Paris, Tokyo et Mumbai. Une nouvelle cartographie du monde se dessine à travers l’attention portée aux circulations, aux routes, aux passages et aux lignes de fracture qui traversent les territoires. Entre l’Afrique et la Méditerranée, entre les frontières héritées et les mouvements d’émancipation désirés, les artistes réimaginent les géographies. Bruno Boudjelal rappelle combien l’image naît parfois de la rencontre entre un paysage extérieur et une vie intérieure. Ses traversées ne documentent pas : elles donnent forme à une expérience. Elles laissent poindre quelque chose de plus ténu, où spiritualité, souvenir et sensation s’entremêlent. La Méditerranée, elle aussi, apparaît dans les images d’Anne-Lise Broyer comme un lieu habité par plusieurs temps, un espace de sédimentation, d’attente et de projection. En Algérie, la mémoire enfouie des années noires se révèle progressivement dans l’œuvre au long cours de Katia Kameli. Réunies dans le cadre de la Saison Méditerranée 2026, ces trois expositions racontent les multiples visages du bassin méditerranéen. Plus loin sur le continent africain, entre le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Congo, s’esquissent des histoires de libération, de transmission et de réappropriation. Avec Ghana !, l’indépendance se lit dans les images, de Paul Strand à James Barnor, et se prolonge dans un imaginaire collectif toujours à l’œuvre, jusque dans le travail de Carlos Idun-Tawiah, qui signe l’affiche de cette 57e édition. Avec Paul Kodjo, c’est toute une culture visuelle ivoirienne qui se construit : inventive, populaire, moderne, capable d’absorber des influences multiples pour inventer sa propre langue. Chez Sammy Baloji, la photographie devient une machine à confronter les temps, faisant dialoguer les récits familiaux, les histoires souterraines, les mémoires empêchées et les conséquences très contemporaines de l’extractivisme. Achille Mbembe écrit très justement : « Nos crises, y compris écologiques, découlent de la croyance que l’humain est supérieur aux autres espèces. » Le vivant s’impose donc au cœur de cette édition comme une nécessité. Plus qu’un thème abstrait, il oblige à reconnaître que le monde ne se limite pas à nos catégories. À cet égard, l’exposition Modèle animal traverse deux siècles de photographie, révélant combien l’animal est indissociable de l’histoire du médium : observé, étudié, aimé, mis en scène, exploité, malmené, admiré, fantasmé. Photographier l’animal, ce n’est pas seulement représenter une altérité ; c’est aussi accepter de voir apparaître d’autres manières d’être au monde. Ce même mouvement traverse les œuvres de Lisa Oppenheim, Meghann Riepenhoff et Lara Tabet. Toutes trois rappellent que l’image est un milieu vivant, en perpétuelle évolution. Avec Meghann Riepenhoff, la nature travaille la matière même de l’image et y laisse son empreinte. Avec Lisa Oppenheim, une mémoire botanique disparue ressurgit par l’interprétation et la conjugaison de techniques anciennes et de technologies nouvelles de l’image. Avec Lara Tabet, lauréate du programme BMW Art Makers, les strates géologiques, archéologiques et organiques viennent souligner que rien n’est immobile, que toute forme témoigne de plusieurs temps et autant de devenirs. Une attention particulière est par ailleurs portée à un versant plus intime de l’œuvre d’Edward Steichen, à l’occasion du Luxembourg Photography Award. Photographe, conservateur et précurseur, il était aussi botaniste, attentif aux correspondances entre les formes, les saisons, les cultures et les images. Parce que l’apprentissage du regard commence dès le plus jeune âge et qu’un festival transmet autant qu’il montre, il était essentiel de faire toute leur place aux enfants dans cette édition. L’extraordinaire collection de livres photo jeunesse rassemblée dans l’exposition R comme regarder rappelle ainsi – avec joie, invention et intelligence – que la photographie peut être un espace de découverte pour tous les âges, un lieu où le regard se forme librement. Cette année encore, les Rencontres d’Arles font la part belle à l’émergence de nouvelles voix sur nos scènes artistiques. L’exposition du Prix Découverte Fondation Louis Roederer reprend ses quartiers à l’Espace Monoprix, sous le commissariat de Nadine Hounkpatin. Elle tisse une réflexion sur la vérité en photographie à travers la sélection de sept artistes internationaux faisant du médium un espace de commun, de relation, d’engagement et de responsabilité. La programmation met également à l’honneur les jeunes commissaires, à l’instar d’Alessandra Chiericato, lauréate 2024 de la bourse de recherche curatoriale des Rencontres d’Arles, qui développe une analyse originale de la nature cannibale des images. Ce qui relie toutes ces propositions, si différentes dans leurs formes, leurs époques et leurs géographies, c’est sans doute une même attention à ce qui transforme : les récits qui se déplacent, les mémoires qui ressurgissent, les formes de vie qui résistent, les images qui, loin de figer le monde, nous aident à le relire. Aurélie de Lanlay, toute l’équipe du festival et moi-même nous réjouissons de vous accueillir à Arles dès le 6 juillet pour vous faire découvrir l’ensemble de la programmation de cette 57e édition des Rencontres d’Arles. Dates6 Juillet 2026 10 h 00 min - 4 Octobre 2026 19 h 00 min(GMT-11:00) LieuLes Rencontres d'Arles32, rue du Docteur Fanton 13200 ArlesOther Events Get Directions CalendrierGoogleCal Semaine d’ouverture : du 6 au 12 juillet 2026 Du 6 juillet au 4 octobre inclus FORFAIT TOUTES EXPOSITIONS Une entrée par lieu, valable du 6 juillet au 4 octobre Tarif 42 € réduit : 33 € FORFAIT JOURNÉE Une entrée par lieu, valable sur une journée Tarif 35 € réduit : 29 € ENTRÉE LIEU À L’UNITÉ De 4,50 € à 15 € https://www.rencontres-arles.com/fr Grand Arles Express : une sélection Photo Kegham de Gaza, une archive inachevable, Centre Photographique Marseille, dont je vous ai déjà parlé à l’occasion de la Saison Méditerranée. Premières fois, premières photos, Pavillon Populaire de Montpellier. Luce Lebart commissaire, réunit 200 ans d’innovations et d’expérimentations photographiques Alix Boillot, « Adieu Beauté » musée des Beaux-arts de Nîmes Centre Photographique Marseille74 rue de la Joliette 13002 Marseille sam16mai(mai 16)14 h 00 minsam12sep(sep 12)18 h 00 minPhoto Kegham de Gaza : une archive inachevableCentre Photographique Marseille, 74 rue de la Joliette 13002 Marseille Détail de l'événementPhoto : Auto-portrait de Kegham Djeghalian Sr avec ses enfants, Gaza, c.1952 Figure majeure de la photographie à Gaza au milieu du XXème siècle, Kegham Djeghalian Senior (1915-1981) a documenté la Détail de l'événement Photo : Auto-portrait de Kegham Djeghalian Sr avec ses enfants, Gaza, c.1952 Figure majeure de la photographie à Gaza au milieu du XXème siècle, Kegham Djeghalian Senior (1915-1981) a documenté la ville et ses habitants pendant près de 40 ans. Rescapé du génocide arménien, il fonde en 1944 le premier studio photographique professionnel de Gaza : Photo Kegham. Cette exposition organisée en quatre thématiques, est conçue par son petitf ils Kegham Djeghalian Junior – artiste et enseignant – qui ravive ici cet héritage tout en explorant la notion d’« histoires interrompues.» En 2018 il découvre trois boîtes rouges enfouies au fond d’un placard chez son père au Caire. Remplies de négatifs, de documents et de souvenirs familiaux, elles révèlent non seulement la vie de son grand-père, mais aussi témoignent d’une mémoire plus vaste de Gaza. D’abord centrée sur la figure de son grand-père, la recherche de Djeghalian Junior s’ouvre progressivement à une lecture élargie et non linéaire de l’histoire visuelle de Gaza. En refusant dates et légendes, il interroge la nature même de l’archive et fait émerger le potentiel de ce qu’il nomme une «unmade archive» : une archive ouverte, inachevable, réfractaire à toute clôture. Préférant une approche typologique à une organisation chronologique, ses installations photographiques esquissent, avec subtilité, une historiographie alternative de Gaza. Kegham Djeghalian Junior est un artiste visuel, directeur artistique et professionnel de la mode palestino-arménien basé au Caire et à Paris, dont le travail se situe à la croisée de la photographie, de l’image, des archives et des pratiques de la mode. Il est professeur à la German International University (GIU), où il occupe le poste de directeur artistique du département de création de mode. Ses œuvres, recherches et interventions ont été exposées et présentées dans de nombreuses institutions internationales dont le Centre Pompidou à Paris, la Photographers Gallery à Londres et La Biennale de Sharjah aux Émirats Arabes Unis. L’exposition est présentée pour la première fois en France dans le cadre de la Saison Méditerranée, avec le soutien de l’Institut français et en partenariat avec Photopia et Cairo Photo Week .Elle fait partie de la programmation satellite des Rencontres d’Arles dans le cadre du Grand Arles Express. Dates16 Mai 2026 14 h 00 min - 12 Septembre 2026 18 h 00 min(GMT+00:00) LieuCentre Photographique Marseille74 rue de la Joliette 13002 MarseilleOther Events Centre Photographique Marseille74 rue de la Joliette 13002 MarseilleOuvert du mercredi au samedi de 14h à 18h Centre Photographique Marseille Get Directions CalendrierGoogleCal Pavillon Populaire // Espace d'art photographique de la Ville de MontpellierEsplanade Charles de Gaulle, 34000 Montpellier mer01jul10 h 00 mindim01nov18 h 00 minPremières fois / Premières photosUne relecture réjouissante de l’histoire de la photographiePavillon Populaire // Espace d'art photographique de la Ville de Montpellier, Esplanade Charles de Gaulle, 34000 Montpellier Détail de l'événementPhoto : La première télévision. Bourgogne (France), 1963. Photographie de Janine NIEPCE (1921-2007). © Janine NIEPCE / ROGER-VIOLLET Première exposition de la saison 2026-2027 du Pavillon Populaire, l’exposition « Premières fois Détail de l'événement Photo : La première télévision. Bourgogne (France), 1963. Photographie de Janine NIEPCE (1921-2007). © Janine NIEPCE / ROGER-VIOLLET Première exposition de la saison 2026-2027 du Pavillon Populaire, l’exposition « Premières fois / Premières photos », à voir au Pavillon Populaire du 1er juillet au 1er novembre 2026, est une invitation à un voyage ludique et érudit dans 200 ans d’innovations et d’expérimentations de la photographie. Elle rassemble un florilège de « premières fois » qui sont d’ordre techniques, esthétiques, scientifiques et sociétales, depuis les premiers essais des inventeurs jusqu’aux récentes images de naissances de galaxie en passant par les premières photographies transmises à distance, la première image performée, le premier livre de photographie, sans oublier le premier jour d’école, ou encore le premier « pou » de l’histoire de la photographie. La parole est aussi donnée à des photographes iconiques qui racontent en images « Leurs Premières fois » et à travers elles, leur rencontre avec la photographie. On y découvrira ainsi les premiers essais et premières images de Margaret Julia CAMERON, Bernard PLOSSU, Martin PARR, ou encore Boris MIKHAÏLOV. L’exposition souligne les liens entre innovations contemporaines et essais du passé, mais elle raconte aussi les enjeux économiques et industriels qui sous-tendent les recherches des inventeurs et leurs stratégies pour s’assurer reconnaissance et postérité à travers la protection de leur propriété intellectuelle et commerciale. Du « photocycliste » au «photopiège», les brevets ingénieux et marques loufoques auront de quoi réjouir et surprendre le visiteur. L’exposition révélera aussi la face cachée des inventions à travers les controverses qui virent le jour dans les courses vers l’innovation : les enjeux de la paternité de l’invention de la couleur ou de la trame, par exemple. La part belle est aussi faite aux tests et aux essais, sans oublier les inventions sans lendemain. « Essayer encore, râter encore, râter mieux » : ces mots célèbres de Samuel BECKETT sont un des fils rouges de l’exposition dont le parcours parmi les multiples inventions de la photographie est envisagé au prisme de l’expérimentation. Il n’y a décidément pas une invention mais de multiples inventions de la photographie. En filigrane de l’exposition, quatre œuvres contemporaines entrent en résonance avec les images du passé tandis que plusieurs « premières fois » photographiques liées à l’histoire de la ville de Montpellier et de sa région jalonnent le parcours. Une occasion rêvée de mettre en valeur la richesse des fonds patrimoniaux municipaux, départementaux et régionaux. Commissariat : Luce Lebart Dates1 Juillet 2026 10 h 00 min - 1 Novembre 2026 18 h 00 min(GMT-11:00) LieuPavillon Populaire // Espace d'art photographique de la Ville de MontpellierEsplanade Charles de Gaulle, 34000 MontpellierOther Events Pavillon Populaire // Espace d'art photographique de la Ville de MontpellierEsplanade Charles de Gaulle, 34000 MontpellierOuvert tous les jours sauf le lundi de 10h à 13h et de 14h à 18h Pavillon Populaire // Espace d'art photographique de la Ville de Montpellier Get Directions CalendrierGoogleCal Marque-page0
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