Carte blanche à La Kabine : Le Festival OFF Arles des images au delà des marges. Faire centre depuis les marges 5 minutes ago
Traversée du medium photographique au Musée d’Art moderne de Fontevraud : Rencontre Dominique Gagneux, directrice 22 juin 2026
Une critique nécessaire de la « Photographie algorithmique » de Joan Fontcuberta par Boris Eldagsen et Miles Astray 12 mai 2026
Masterclass Oeildeep Le Bal des Rejetons : Ceci dit prenez soin de vous par Lucy Vigoureux 19 juin 2026
Fondation d’entreprise Martell, 10 ans de co-création, rencontre Anne-Claire Duprat, directrice 1 jour ago
« A fleur de peau » : le monstrueux, ses persistances et ses symptômes au MO.CO. Montpellier 2 jours ago
« Corps au travail, Une histoire de la mécanisation du corps féminisé » au Musée Tinguely, Bâle 5 jours ago
Partager Partager Stéphanie Lacombe est une photographe française qui consacre son travail à documenter la vie quotidienne des classes populaires. Son tout premier ouvrage, « Haut les cœurs », vient d’être publié aux éditions de Juillet et rassemble trois séries réalisées dans la région des Hauts-de-France. L’Hôtel Fontfreyde – Centre photographique de Clermont-Ferrand lui consacre une exposition, « Majestic », à voir tout l’été jusqu’au 20 septembre. Kévin est couvreur en formation, il aime monter sur les toits. De là-haut, il regarde sa ville. Il l’adore. La passagère, c’est Lucy. Le petit voisin, à l’arrière, c’est un peu comme leur gosse. Pendant les vacances, ils le trimballent partout. Ils sont comme une famille, c’est rigolo. Pourtant Kévin ne se mariera jamais. « C’est beau juste un jour l’amour. » © Stéphanie Lacombe La région des Hauts-de-France compte parmi les plus pauvres de la France métropolitaine, avec un revenu médian parmi les plus bas et un taux de chômage particulièrement élevé. La photographe Stéphanie Lacombe, lauréate 2009 du prestigieux Prix Niépce, a choisi de construire ses séries autour des vies invisibles, celles des classes dites populaires. Il y a quelques années, elle est partie à la rencontre des habitants, réputés chaleureux et accueillants, de cette région du nord de la France. Enfants, Marc et Stéphane passaient déjà leurs vacances dans ce camping. Pour leur fils, ils ont adopté Zaza trouvé à la SPA. Elle pesait 1kg et avait une patte dans le plâtre. © Stéphanie Lacombe Elle débute avec une première série réalisée au camping Ami-Ami, situé entre les dunes et la plage du Terminus, au nord de Berck-sur-Mer. Ces deux dernières décennies, les mobile homes ont envahi les campings de la région, et ce village familial ouvert en 1974 n’échappe pas à la règle. La photographe y partage des tranches de vie des propriétaires de ces maisons préfabriquées, ceux qui ont pu s’offrir ces petites résidences secondaires pour s’y réfugier le temps des week-ends et des vacances. Tous les jours après l’école, Maily, Wilona et Alexane viennent à Intermarché. Pourtant, leur maman travaille au Leclerc de Reims comme vendeuse en charcuterie © Stéphanie Lacombe Le deuxième chapitre s’ouvre sur une série réalisée à Saint-Ermes, petite commune de l’Aisne, désertée par les commerçants, ne laissant aux habitants qu’un hypermarché devenu lieu incontournable. Pour l’occasion, les voitures garées sur le parking se transforment en studio de prise de vue, où chaque client prend la pose. Mélissa a interrompu son CAP Commerce quand elle est tombée enceinte. À 22 ans, elle attend seule son troisième enfant, une petite fille. Elle quitté le papa qui vit toujours chez ses parents. avec Sylvie, sa maman, elles mettent tout en œuvre pour récupérer la garde des deux premiers. Bientôt elle va passer son permis. © Stéphanie Lacombe Enfin, avec sa série “Somme toute”, Stéphanie Lacombe cristallise les destins des habitants de Flixecourt, après le déclin de l’empire industriel des années 2000. On franchit le seuil de la cité ouvrière pour découvrir les âmes d’un territoire déserté par l’emploi et frappé de plein fouet par la précarité. Chacune de ses séries met en lumière les difficultés et les injustices sociales qui touchent ces vies que l’on refuse de voir. INFORMATIONS PRATIQUES Haut les cœurs Stéphanie Lacombe Les éditions de Juillet 23x28cm, 184 pages 45€ https://www.editionsdejuillet.com/products/haut-les-coeurs L’EXPO Hôtel Fontfreyde - Centre photographique34, rue des Gras 63000 Clermont-Ferrand mer24jui(jui 24)13 h 30 mindim20sep(sep 20)19 h 00 minStéphanie LacombeMajesticHôtel Fontfreyde - Centre photographique, 34, rue des Gras 63000 Clermont-Ferrand Détail de l'événementLe travail photographique de Stéphanie Lacombe s’inscrit dans une tradition documentaire renouvelée où le portrait devient un lieu de circulation entre l’image et la parole. Elle développe depuis ses débuts Détail de l'événement Le travail photographique de Stéphanie Lacombe s’inscrit dans une tradition documentaire renouvelée où le portrait devient un lieu de circulation entre l’image et la parole. Elle développe depuis ses débuts une pratique fondée sur la durée, l’immersion et l’écoute. À travers ses séries emblématiques La table de l’ordinaire, Immobile Home, Hyper Life, Somme toute, elle déploie un projet fondé sur l’entrelacement étroit de l’image et de la parole. Ses portraits, au cadrage volontairement sobre, s’accompagnent de fragments de discours, récits, citations, propos directs qui ne viennent ni expliquer ni illustrer le visage photographié, mais en déplacer la lecture. Partielle, subjective, parfois dissonante, la parole agit comme un contrepoint critique qui met en tension l’évidence du visible. Ce dispositif engage activement le regardeur, contraint de négocier entre ce qu’il voit et ce qu’il lit, tout en affirmant une éthique du portrait par laquelle la photographe écoute autant qu’elle montre, et dans laquelle les personnes représentées accèdent pleinement au statut de sujets parlants et non de simples objets du regard. Next stop – prochain arrêt Le tramway de Babel Ainsi advient l’invitation de Stéphanie Lacombe ayant pour cadre la résidence photographique de la Ville de Clermont-Ferrand portée par l’Hôtel Fontfreyde. D’abord pensée à l’échelle d’un quartier de péricentre, la recherche s’est déplacée vers le tramway, le serpent de verre et d’acier frôlant les quartiers de Saint-Alyre et Fontgiève, traversant la place Gaillard. Espace de reflets, de transparences et d’opacités, il condense une visibilité paradoxale où la présence se fait d’autant plus dense qu’elle semble se dissoudre. Dans la lumière artificielle, presque aquatique, surgissent les visages des passagers saisis dans le flux de leurs habitudes quotidiennes, figures majoritairement féminines, silencieuses, traversées par une tension diffuse entre endurance et inquiétude du monde qui vient. Le regard de la photographe instaure alors un ralentissement, le portrait devient un lieu de suspension, presque iconique, appelant moins l’interprétation que l’attention et une forme de respect. Avec la série Majestic, réalisée dans notre tramway à pneumatiques, un déplacement s’opère dans le travail de Stéphanie Lacombe. Simple inflexion ou bifurcation plus profonde, ce changement de dispositif ouvre une nouvelle phase de son parcours, dont seuls les développements à venir permettront de mesurer la portée. Next stop – prochain arrêt Des airs de cantiques Les allers-retours du tramway scandent un rituel quotidien, pèlerinage pendulaire et discret du boulot-dodo. Dans les images des coins de rues, les gris et noirs de la pierre volcanique répondent aux objets dorés du quotidien et aux reflets solaires, écho lointain à l’or des icônes. L’idée du sacré ne s’y affirme pas, elle affleure. Assemblées, ces photographies composent un paysage à la fois urbain et intemporel, traversé d’une spiritualité latente. Enfin, mettre en regard une Vierge en majesté, sculpture votive d’Auvergne, et nos usages contemporains ne relève pas de la confrontation, mais du dévoilement d’une continuité souterraine. L’image devient seuil et présence, reliant le Moyen Âge roman à nos sociétés saturées de flux visuels. Face à l’austérité d’un visage immobile, une leçon s’impose : l’image ne se contente pas de représenter, elle rend présent. Peut-être est-ce là la fonction profonde des oeuvres – non pas nous enfermer dans une époque, mais nous relier à ce qui traverse le temps, une densité du regard que le mouvement permanent tendrait à dissoudre. François-Nicolas L’Hardy Commissaires d’exposition : Stéphanie LACOMBE et François-Nicolas L’HARDY, Responsable de l’Hôtel Fontfreyde. Stéphanie Lacombe, née en 1976 dans le Lot, est diplômée de l’Ecole Nationale supérieure des Arts décoratifs de Paris (ENSAD). Son langage photographique se rapproche du documentaire-direct faisant dialoguer textes et images. Ses séries sont une exploration de la vie quotidienne des classes populaires sur des thèmes aussi élémentaires que se loger, se déplacer, consommer, se divertir et se nourrir. Parmi ses travaux figurent La table de l’ordinaire, qui met en scène des repas du quotidien, Hyper Life, consacré à des portraits d’usagers sur un parking de supermarché, ainsi que Seules les racines restent, une série de portraits d’adolescents en vacances au bord de la me Sélectionnée par Paris2024 pour la création de deux affiches artistiques des Jeux Olympiques et Paralympiques (2023), lauréate de la Grande Commande de la BnF en 2022, du prix l’OBS en 2020, Prix Niépce en 2009, elle est lauréate de la Fondation Lagardère en 2006, a reçu le Grand prix de la photographie documentaire et sociale de Sarcelles en 2008, et Sebastião Salgado lui remettra le prix spécial du jury Agfa en 2001. Son travail est exposé en France et à l’étranger (Argentine, Hong Kong, Espagne, Finlande), il est également publié dans la presse (L’Obs, Courrier International, la Revue XXI, Zadig, Libération, Le Monde). Elle transmet son expérience de femme photographe à l’occasion d’ateliers pratiques et pédagogiques autour de la photographie (Fondation Cartier, les Ateliers du Carrousel, le centre d’art Diaphane, Le centre méditerranéen de la Photographie, la Maison Robert Doisneau, Les Rencontres d’Arles). « MAJESTIC est né de la liberté d’expérimenter, de se perdre et d’accepter que les images s’imposent d’elles-mêmes. Une fois rentrée à Paris, je me plonge dans le temps lent du tri des clichés réalisés et je choisis de laisser émerger ceux qui évoquent, pour moi, le sacré au coeur de l’urbain, le religieux dans un monde contemporain. Dans MAJESTIC, les visages anonymes du tramway se révèlent alors comme des icônes modernes, suspendues hors du temps, porteuses d’une grâce silencieuse. Cette attention nouvelle me permet d’interroger le spirituel dans une ville cosmopolite, où le divin se glisse discrètement dans l’ordinaire, et où la photographie devient un espace sensible de dialogue entre passé et présent.» Dates24 Juin 2026 13 h 30 min - 20 Septembre 2026 19 h 00 min(GMT-11:00) LieuHôtel Fontfreyde - Centre photographique34, rue des Gras 63000 Clermont-FerrandOther Events Hôtel Fontfreyde - Centre photographique34, rue des Gras 63000 Clermont-FerrandOuvert du mardi au samedi de 14H à 19H Hôtel Fontfreyde - Centre photographique Get Directions CalendrierGoogleCal À LIRE Khashayar Javanmardi, Stéphanie Lacombe et Eva Diallo récompensé·es à la seconde édition des Bourses du 1er livre photo Carte blanche Grégoire Eloy : Conversation avec Stéphanie Lacombe Laurence Geai, Stéphanie Lacombe et Delphine Blast, lauréates des Femmes s’exposent Marque-page0
News Les lauréates de la Bourses du 1er livre photo dévoilées La 4ème édition des Bourses du 1er livre photo est féminine ! Avec 80 % des candidatures portées par des femmes, c’est ...
Actu Art Contemporain EXPORAMA 2026, un été contemporain à Rennes ! Sur la route de vos vacances, on vous a réservé quelques étapes incontournables ! EXPORAMA Rennes, 6ème édition, en fait partie avec plusieurs ...
Evénements « L’Espace entre nous » au BAL : une traversée de la photographie à hauteur de regard À l’occasion du bicentenaire de la naissance de la photographie, LE BAL consacre pour la première fois une exposition à une collection ...
L'Edition Une critique nécessaire de la « Photographie algorithmique » de Joan Fontcuberta par Boris Eldagsen et Miles Astray
Carte blanche à La Kabine : Le Festival OFF Arles des images au delà des marges. Faire centre depuis les marges 5 minutes ago
Traversée du medium photographique au Musée d’Art moderne de Fontevraud : Rencontre Dominique Gagneux, directrice 22 juin 2026
Une critique nécessaire de la « Photographie algorithmique » de Joan Fontcuberta par Boris Eldagsen et Miles Astray 12 mai 2026
Masterclass Oeildeep Le Bal des Rejetons : Ceci dit prenez soin de vous par Lucy Vigoureux 19 juin 2026
Fondation d’entreprise Martell, 10 ans de co-création, rencontre Anne-Claire Duprat, directrice 1 jour ago
« A fleur de peau » : le monstrueux, ses persistances et ses symptômes au MO.CO. Montpellier 2 jours ago
« Corps au travail, Une histoire de la mécanisation du corps féminisé » au Musée Tinguely, Bâle 5 jours ago
Carte blanche à La Kabine : Le Festival OFF Arles des images au delà des marges. Faire centre depuis les marges