Stéphanie Lacombe est une photographe française qui consacre son travail à documenter la vie quotidienne des classes populaires. Son tout premier ouvrage, « Haut les cœurs », vient d’être publié aux éditions de Juillet et rassemble trois séries réalisées dans la région des Hauts-de-France. L’Hôtel Fontfreyde – Centre photographique de Clermont-Ferrand lui consacre une exposition, « Majestic », à voir tout l’été jusqu’au 20 septembre.

Kévin est couvreur en formation, il aime monter sur les toits. De là-haut, il regarde sa ville. Il l’adore. La passagère, c’est Lucy. Le petit voisin, à l’arrière, c’est un peu comme leur gosse. Pendant les vacances, ils le trimballent partout. Ils sont comme une famille, c’est rigolo. Pourtant Kévin ne se mariera jamais. « C’est beau juste un jour l’amour. » © Stéphanie Lacombe

La région des Hauts-de-France compte parmi les plus pauvres de la France métropolitaine, avec un revenu médian parmi les plus bas et un taux de chômage particulièrement élevé. La photographe Stéphanie Lacombe, lauréate 2009 du prestigieux Prix Niépce, a choisi de construire ses séries autour des vies invisibles, celles des classes dites populaires. Il y a quelques années, elle est partie à la rencontre des habitants, réputés chaleureux et accueillants, de cette région du nord de la France.

Enfants, Marc et Stéphane passaient déjà leurs vacances dans ce camping. Pour leur fils, ils ont adopté Zaza trouvé à la SPA. Elle pesait 1kg et avait une patte dans le plâtre. © Stéphanie Lacombe

Elle débute avec une première série réalisée au camping Ami-Ami, situé entre les dunes et la plage du Terminus, au nord de Berck-sur-Mer. Ces deux dernières décennies, les mobile homes ont envahi les campings de la région, et ce village familial ouvert en 1974 n’échappe pas à la règle. La photographe y partage des tranches de vie des propriétaires de ces maisons préfabriquées, ceux qui ont pu s’offrir ces petites résidences secondaires pour s’y réfugier le temps des week-ends et des vacances.

Tous les jours après l’école, Maily, Wilona et Alexane viennent à Intermarché. Pourtant, leur maman travaille au Leclerc de Reims comme vendeuse en charcuterie © Stéphanie Lacombe

Le deuxième chapitre s’ouvre sur une série réalisée à Saint-Ermes, petite commune de l’Aisne, désertée par les commerçants, ne laissant aux habitants qu’un hypermarché devenu lieu incontournable. Pour l’occasion, les voitures garées sur le parking se transforment en studio de prise de vue, où chaque client prend la pose.

Mélissa a interrompu son CAP Commerce quand elle est tombée enceinte. À 22 ans, elle attend seule son troisième enfant, une petite fille. Elle quitté le papa qui vit toujours chez ses parents. avec Sylvie, sa maman, elles mettent tout en œuvre pour récupérer la garde des deux premiers. Bientôt elle va passer son permis. © Stéphanie Lacombe

Enfin, avec sa série “Somme toute”, Stéphanie Lacombe cristallise les destins des habitants de Flixecourt, après le déclin de l’empire industriel des années 2000. On franchit le seuil de la cité ouvrière pour découvrir les âmes d’un territoire déserté par l’emploi et frappé de plein fouet par la précarité. Chacune de ses séries met en lumière les difficultés et les injustices sociales qui touchent ces vies que l’on refuse de voir.

INFORMATIONS PRATIQUES
Haut les cœurs
Stéphanie Lacombe
Les éditions de Juillet
23x28cm, 184 pages
45€
https://www.editionsdejuillet.com/products/haut-les-coeurs

L’EXPO

mer24jui(jui 24)13 h 30 mindim20sep(sep 20)19 h 00 minStéphanie LacombeMajesticHôtel Fontfreyde - Centre photographique, 34, rue des Gras 63000 Clermont-Ferrand

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Ericka Weidmann
Après des études d'Arts Appliqués et de photographie, elle rejoint un magazine en ligne consacré à la photo en tant que directeur artistique, poste qu'elle occupera pendant 10 ans. En 2010, elle s'installe comme DA en indépendant. En parallèle, elle devient responsable éditorial pour Le Journal de la Photographie et c'est en septembre 2013 qu'elle co-fonde le quotidien L’Oeil de la Photographie pour lequel elle est rédactrice en chef jusqu'en septembre 2016 avant de fonder 9 Lives magazine ! Ericka Weidmann est également journaliste pigiste pour d'autres médias.

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