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Avec une actualité particulièrement riche en 2019 et à l’occasion de l’ouverture de son exposition retraçant 20 ans de création à la galerie de l’Imagerie à Lannion (Bretagne, Côte d’Armor) « Ce que murmurent les fantômes » ainsi que de la sortie de son nouveau livre « Pour vivre ici » (éditions LOCO), la photographe Sophie Zénon est l’invitée de notre semaine. Pendant quatre jours, nous l’accompagnons dans le quartier de la Goutte d’Or à Paris.

Après avoir été libraire, éditrice et iconographe, Sophie Zénon se consacre exclusivement à la photographie depuis 2004. Elle réalise ses premières photographies à la fin des années 90 en Mongolie, un pays qui la fascine pour ses grands espaces et pour le rapport de ses habitants à une nature qui vibre, palpite. Depuis la fin des années 2000 et en écho à ses recherches universitaires sur le chamanisme, sa démarche artistique se concentre sur la mise en scène photographique de l’absence, sur notre rapport aux ancêtres, à la filiation à travers une production protéiforme : séries photographiques, livres d’artistes, installations ou vidéos. Dans ses images, les corps sont des spectres, des lieux de passage porteurs d’enjeux historiques et politiques.

A mi-chemin entre recherches ethnologiques et plastiques, entre mémoire et intime, ses derniers travaux revisite son histoire familiale, intimement liée à celle l’immigration italienne en France pendant l’entre-deux guerres. Ils puisent leur source dans une mémoire enfouie et traite de l’exil, de l’identité, de la perte des lieux où l’on est né, où l’on a vécu.

Etre d’ailleurs. Vivre ici. Entre la terre des origines, l’Italie, et la terre normande natale, comment se sentir d’ici plutôt que d’ailleurs ? C’est de la question de la transmission de l’histoire, de notre attachement aux lieux, aux objets, des concepts d’identité, d’appartenance et de cosmopolitisme qu’il s’agit. Quel sens cela a-t-il aujourd’hui de se dire de quelque part dans ce contexte mondial de migrations ? Quelle histoire, quel imaginaire produire, transmettre quand tout vous manque ?

Lauréate du prix « Résidence pour la photographie » de la Fondation des Treilles (2015), du Prix Kodak de la Critique (1999), de la bourse Chroniques Nomades (2000), nominée à la villa Kujoyama (2015), au Prix Niépce (2011, 2015), au Prix de l’Académie des Beaux Arts (2010), son travail fait l’objet de nombreuses expositions en Europe et a intégré des collections publiques.

Le Portrait chinois de Sophie Zénon

Si j’étais une œuvre d’art : Un dessin mescalinien d’Henri Michaux
Si j’étais un musée ou une galerie : Le musée Tinguely à Bâle
Si j’étais un(e) artiste (tous domaines confondus): l’actrice et productrice Valeria Golino
Si j’étais un livre : « Le jour des Corneilles » de Jean-Francois Beauchemin (éditions Les Allusifs, 2004).
Si j’étais un film : « Derzou Ouzala » d’Akira Kurosawa (1975)
Si j’étais un morceau de musique : « Jump to it », Aretha Franklin (1982)
Si j’étais un photo accrochée sur un mur : Une photo de Graciela Iturbide
Si j’étais un sentiment : l’harmonie
Si j’étais un objet : Mon premier appareil photo : un petit panoramique en plastique.
Si j’étais une expo : « La mort n’en saura rien » (musée d’art d’Afrique et d’Océanie, Paris, 2000)
Si j’étais un lieu d’inspiration : Celui qui m’a donné envie d’être photographe : La Mongolie !
Si j’étais un breuvage : un verre d’eau pétillante
Si j’étais une héroïne : Alice au pays des merveilles (Lewis Carroll, 1865)
Si j’étais un vêtement : une chemise en coton.

Actualités depuis avril jusqu’à fin 2019 :
• Expositions :
Ce que murmurent les fantômes, Galerie de l’Imagerie, Lannion, du 13 avril au 8 juin 2019
> L’Homme-Paysage (Alexandre), festival PhotoRoad, Gibellina, Sicile (Italie), en partenariat avec la Fondation des Treilles du 26 juillet au 31 août 2019
> Dans le miroir des rizières (Maria), Festival international de Gaspésie, en partenariat avec le festival Diaphane à Beauvais, 15 juillet au 30 septembre 2019
• Pour l’intelligence de la main, commissariat de Laurent Le Bon, avec la Fondation Bettencourt-Schueller, Palais de Tokyo, octobre 2019

• Livre :
Pour vivre ici, photographies de Sophie Zénon. Texte d’Héloïse Conesa. Editions LOCO, avril 2019

• Résidence :
Travail en cours sur le maquis de Coat Mallouen 1944-1945, avec le musée de la Résistance en Argoat, la cinémathèque de Brest et la DRAC Bretagne. Exposition au musée de la résistance en décembre 2019.

https://www.sophiezenon.com/

Découvrez les Cartes blanches de notre invité

> Carte blanche à Sophie Zénon : Paris Goutte d’Or d’Elena Perlino (Mardi 14 mai 2019)
> Carte blanche à Sophie Zénon : C’est Beyrouth (Mercredi 15 mai 2019)
> Carte blanche à Sophie Zénon : L’atelier de l’artiste franco vénézuélien Cruz-Diez (Jeudi 16 mai 2019)
> Carte blanche à Sophie Zénon : L’atelier des artistes en exil (Vendredi 17 mai 2019)

A LIRE
Rencontre avec Sophie Zénon et le duo Cléa Cloudsi et Eric Herbin Les fantômes du passé
Dans le miroir des rizières, Sophie Zénon revisite son histoire familiale
PhotoMed 2017 : Sophie Zénon, Retour aux origines

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