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Partager Partager Décentrer les regards, décoloniser les imaginaires et redonner place à l’humanité dans un monde fracturé et conflictuel tel est le message transmis par les artistes convoqués autour de la nouvelle saison du Palais de Tokyo intitulée » Six continents ou plus ». L’occasion d’élargir les perspectives et de redécouvrir l’Afrique et ses diasporas (Ubuntu, un rêve lucide, Sarah Maldoror) mais aussi le Brésil (Maxwell Alexandre, lauréat Sam art projects), l’Australie (Jonathan Jones) sous l’angle du métissage et de la créolisation politique et culturelle. On peut aussi plonger dans les méandres du Lasco Project qui fête ses 10 ans aux côtés de Jay Ramier, artiste considéré comme étant l’un des pionniers du hip-hop hexagonal, revivre les cibels ennivrantes des boites de nuit de Bamako avec Aïda Bruyère (interviewée lors du festival Circulations), retrouver les expérimentations des lauréats Audi Talents ou les cartes blanches de Lab’Bel pour les collectors Vache Qui Rit. Même si ce panorama peut sembler un peu labyrinthique ou inégal parfois il est à l’image d’un « Tout monde » hyper créatif dans une perspective généreuse et inclusive. Des performances et débats accompagnent toute la saison autour des enjeux soulevés. Vue de l’exposition « Ubuntu, un rêve lucide » Palais de Tokyo photo Aurélien Mole UBUNTU, UN RÊVE LUCIDE Jusqu’au 20/02/2022 L’exposition propose d’investir l’Ubuntu, un espace encore infréquenté de nos imaginaires et de nos connaissances. Complexe à traduire dans les langues occidentales, le sens de ce terme, issu des langues Bantous du Sud de l’Afrique, conjugue les notions d’humanité, de collectif et d’hospitalité et peut être interprèté ainsi : « Je suis parce que nous sommes ». Vue de l’exposition « Ubuntu, un rêve lucide » Palais de Tokyo photo Aurélien Mole SARAH MALDOROR : CINÉMA TRICONTINENTAL Jusqu’au 20/03/2022 Sarah Maldoror : Cinéma Tricontinental est la première exposition rétrospective consacrée à l’œuvre de Sarah Maldoror (1929-2020). Elle est l’occasion de faire découvrir l’œuvre cinématographique, mais aussi théâtrale, poétique et politique, d’une cinéaste à la production foisonnante, alternant fiction et documentaire, au service d’un cinéma révolutionnaire et décolonial, résolument anti-raciste et irrévérencieux. Maxwell Alexandre, New Power, Sam art Projects, photo Aurélien Mole Coup de coeur : MAXWELL ALEXANDRE – NEW POWER Jusqu’au 20/03/2022 Né à Rocinha, l’une des plus grandes favélas de Rio de Janeiro, Maxwell Alexandre envisage la peinture comme une « pratique prophétique». A travers ses immenses compositions politiques, l’héritage de la peinture classique européenne rencontre celui du muralisme ou de la peinture de rue : autant de références qu’il remixe aux rythmes saccadés du Hip Hop et qui résonnent avec l’actualité d’un Brésil sous tension. L’exposition s’inscrit à la suite d’une résidence entre Rio et Paris dans le cadre de Sam Art Projects dont l’artiste est lauréat. C’est la plus aboutie à la fois formellement et conceptuellement autour de la non occupation des noirs dans les sphères du pouvoir que représente l’art contemporain. Grada Kilomba illusions vol. II antigone 2019 Still 10 courtesy of the artist JONATHAN JONES SANS TITRE (TERRITOIRE ORIGINEL) Jusqu’au 20/02/2022 sans titre (territoire originel), projet inédit de Jonathan Jones, s’intéresse au transport colonial, au commerce et à l’acclimatation des plantes, animaux et objets indigènes, ainsi qu’aux connaissances autochtones qui leur sont associées. Son point de départ est l’expédition scientifique française du Capitaine Nicolas Baudin en territoire austral au tout début du 19ème siècle. AÏDA BRUYÈRE Jusqu’au 20/03/2022 Aïda Bruyère, jeune artiste française ayant grandi au Mali, fonde sa pratique sur l’image. Issues de différentes sources, transformées puis démultipliées et présentées à l’échelle d’un mur ou d’un livre, les images sont jusqu’à présent l’outil de prédilection de l’artiste pour aborder les enjeux liés au corps et à ses constructions dans l’espace social. Aïda Bruyère poursuit ces recherches au Palais de Tokyo avec une installation inspirée d’une boîte de nuit de Bamako. Il convient de préciser que cette programmation a été engagée par Emma Lavigne avant son départ et la nomination de Guillaume Désanges (cf notre annonce). INFOS PRATIQUES : Saison Six Continents ou plus : 6 expositions jusqu’au 13 mars 2022 Mind Map : les lauréats Audi Talents Elle rit : Lab’Bel Palais de Tokyo 13 av du Président Wilson 75116 Paris Ouvert de 12h à minuit https://www.palaisdetokyo.com/ A LIRE Guillaume Désanges nommé Directeur du Palais de Tokyo Marque-page0
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