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Partager Partager Cette semaine dans notre rubrique L’Invité·e, nous accueillons Emmanuel Fagnou, fondateur du Prix Photo Sociale et président de l’association L’Œil Sensible. La sixième édition du prix vient tout juste de révéler ses lauréats : François Le Guen remporte le Grand Prix, Naïma Lecomte le Prix Spécial du Jury et Valérie Horwitz le Prix Nouveau Regard. Jusqu’à vendredi, Emmanuel Fagnou partagera avec nous ses réflexions autour d’une pratique singulière du médium : la photographie sociale. Portrait d’enfance d’Emmanuel Fagnou © Archives personnelles Fondateur du Prix Photo Sociale et président de L’œil Sensible, Emmanuel Fagnou est actuellement l’un des directeurs de France terre d’asile. En fondant le Prix Photo Sociale, il rapproche ses deux sujets de prédilection : la lutte contre la pauvreté et la photographie documentaire et contemporaine. De formation école de management, il choisit rapidement de s’orienter vers les métiers de la solidarité internationale, après quelques années en banque d’affaires en Italie puis en France. Il part en 1996 au Cambodge pour Handicap international, puis effectue plusieurs missions en Afrique. Ces expériences de terrain sont pour lui l’occasion de poursuivre un travail photographique personnel témoignant des questions de pauvreté dans les pays qu’il traverse ; il rejoint alors l’agence photo CIRIC spécialisée sur ces sujets. Emmanuel prend en 1999 la direction de Coordination SUD, confédération des ONG françaises de solidarité internationale, fortement engagée pour lutter contre la pauvreté dans le monde en mobilisant les décideurs politiques et le grand public. Il restera jusqu’à aujourd’hui mobilisé sur la sensibilisation du public, notamment en pilotant pendant 20 ans le cours « Management de la solidarité et entreprenariat social » à HEC. En 2006, il se tourne vers les questions de précarité en France. D’abord directeur d’un pôle associatif d’insertion dans l’Hérault, il est ensuite délégué départemental du Secours Catholique – Caritas France à Montpellier. Cette expérience l’amène à côtoyer de manière très concrète la vulnérabilité des personnes accompagnées. Il rejoint le siège de l’association en 2017 pour mettre en place le Réseau Caritas France, fédération de 5 000 salariés et 70 000 bénévoles. Il devient ensuite directeur national des activités de Cités Caritas, association d’hébergement d’urgence de personnes à la rue. Emmanuel rejoint France terre d’asile en 2023, où il occupe actuellement le poste de directeur national en charge des programmes d’accompagnement des personnes réfugiées, de l’innovation et des partenariats. En parallèle de son implication professionnelle dans le social, son activité photographique rejoint les sujets qu’il côtoient tous les jours, en même temps qu’il fait évoluer sa propre recherche photographique. Durant son séjour à Montpellier, le festival ImageSingulières de Sète lui permet d’affiner sa réflexion sur la photo documentaire et lui donne l’occasion de présenter son travail personnel sur l’exclusion dans des expos au festival off. Il convainc Christian Caujolle, alors directeur artistique du festival, de l’aider dans son projet créer une initiative autour de la photo sociale. Constatant la nécessité de donner à voir la précarité en France et de faire connaître le travail de photographes qui s’investissent sur ces questions, il créée en 2020 le Prix Caritas Photo Sociale avec le soutien de nombreux acteurs de la photographie (dont le Collectif Fetart qui l’accompagne dans son projet). Il obtient l’appui d’agnès b., qui présidera le premier jury, des équipes de La Saif, de Polka, Picto et de Patrick Le Bescont qui décide d’éditer les lauréats du prix au sein de Filigranes. En 2024, avec l’accord de Caritas, il créée l’association L’œil Sensible pour élargir l’ancrage du Prix Photo Sociale, en rassemblant les anciens lauréats et des personnes impliquées dans la photographie, comme Marion Hislen, qui prend la vice-présidence. De nouveaux partenaires s’investissent dans le prix, comme la Fédération des acteurs de la solidarité, rejoint récemment par le Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale. Le prix en est à sa sixième édition et son jury a été présidé par de grands noms de la photo (agnès b., Sarah Moon, Matthieu Pernot, Claudine Doury, Jane Evelyn Atwood et Valérie Jouve). Grâce à l’implication de la galerie Le Château d’Eau à Toulouse et la mairie du 10ème de Paris, le travail des lauréats est largement exposé et mis en valeur. Emmanuel Fagnou poursuit à titre personnel des travaux photographiques plus contemporains. Explorant les expériences de sa jeunesse passée sur la Côte de Granit rose en Bretagne, il développe un travail méditatif, où l’image est à la fois matière et miroir de l’immanence du paysage, dont la présence pure et autonome est réduite à l’essentiel. https://www.loeilsensible.org/ Le portrait chinois d’Emmanuel Fagnou : Si j’étais une œuvre d’art : Une statue Dogon (art qui inspira ensuite de nombreux artistes européens du XXème siècle) Si j’étais un musée ou une galerie : L’imagerie, galerie photo de Lannion (Côtes-d’Armor), qui m’a permis de découvrir la photo. Si j’étais un·e artiste : Vincent Bioulez, un peintre de Montpellier exceptionnel, dont j’entendais la musique depuis mon bureau qui était mitoyen de chez lui. Si j’étais un livre : « Les naufragés, avec les clochards de Paris », de l’ethnologue et psychanalyste Patrick Declerck, sorte de « Triste tropique » sur les sans-abris. Si j’étais un film : Le Corsaire rouge, un parfait navet hollywoodien des années 50 mais dont j’ai découvert que mon grand-oncle, capitaine terre-neuvas de St Malo, avait piloté le bateau pour les tournages. Si j’étais un morceau de musique : « This World » de Selah Sue, artiste de jazz belge incroyable de vitalité. Si j’étais une photo accrochée sur un mur : La grande vague de Sète de Le Gray (dont j’ai justement l’affiche au mur !) Si j’étais une citation : « Je ne veux pas montrer, mais donner l’envie de voir », Agnès Varda. Si j’étais un sentiment : la bonne humeur. Si j’étais un objet : Une cafetière italienne. Si j’étais une expo : la première exposition du Prix Photo Sociale, chez agnès b. et surtout grâce à elle, très compliquée à mettre en place car c’était l’année du Covid-19. Si j’étais un lieu d’inspiration : le phare de Ploumanac’h, sur la côte de Granit rose, si possible par gros temps. Si j’étais un breuvage : du cidre (brut bien sûr). Mon grand-père fabriquait le sien, une piquette mémorable. Si j’étais un héros ou héroïne : les personnes en exil, héros ordinaires qui ont dû tout quitter pour échapper à des persécutions dans leur pays d’origine, traverser des épreuves terribles durant leur parcours d’exil, pour arriver dans un nouveau territoire où ils doivent tout reconstruire. Si j’étais un vêtement : un Krama (vêtement cambodgien dont on se rend compte qu’il sert à tout : pyjama, maillot de bain, foulard, chapeau…). CARTES BLANCHES DE NOTRE INVITÉ • Carte blanche à Emmanuel Fagnou : Quelle place pour la photo sociale ? (mardi 26 mai 2026) • Carte blanche à Emmanuel Fagnou : L’éthique au cœur de la photo sociale (mercredi 27 mai 2026) • Carte blanche à Emmanuel Fagnou : Photo sociale, de la difficulté à trouver la bonne distance avec la personne photographiée (jeudi 28 mai 2026) • Carte blanche à Emmanuel Fagnou : La photo sociale peut-elle changer le monde ? (vendredi 29 mai 2026) À LIRE Marion Gronier nommée lauréate de la 5ème édition du Prix Photo Sociale Anaïs Oudart, lauréate du Prix Caritas photo sociale 2023 Cyril Zannettacci, photographe de l’agence VU’ remporte le Prix Caritas Photo Sociale 2022 Victorine Alisse et JS Saia, Lauréats du second Prix Caritas Photo Sociale Marque-page0
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