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Partager Partager OtherSide Rencontre avec Liza Szlezynger, Association française de développement des centres d’art contemporain Marie-Elisabeth De La Fresnaye23 novembre 2017 Alors que le réseau national des centres d’art contemporain français (d.c.a) fête ses 25 ans à travers un événement pluridisciplinaire au Palais de Tokyo du 24 au 26 novembre, nous avons rencontré Liza Szlezynger, secrétaire générale depuis juin 2015. Le réseau qui rassemble à ce jour 50 membres, draine 1,6 M de visiteurs annuels, expose 2000 artistes par an, programme 400 expositions et produit 1000 œuvres. Des chiffres qui donnent envie d’en savoir plus ! 9 lives : Quel bilan pour ces 25 ans de d.c.a ? Liza Szlezynger : Très positif. De nombreuses choses ont été réalisées depuis que le réseau a été créé en 1992. Précisions d’ailleurs qu’il s’agit bien des 25 ans du réseau national des centres d’art contemporain, et non des centres d’art eux-mêmes. Certains existaient déjà avant la création du réseau, le premier du genre ayant été créé à la fin des années 1960 avant même la vague de la décentralisation culturelle des années 1970 et 1980. Et c’est justement pour regrouper les responsables de ces structures que le réseau d.c.a a été créé. Il s’agissait dès l’origine d’échanger sur les questions propres à ces lieux bénéficiant souvent d’un financement croisé de l’État et des collectivités territoriales, de parler d’art aussi, de lancer des projets communs et de constituer une interface politique pour développer en France la création contemporaine. 25 ans plus tard, le réseau rassemble 50 centres d’art contemporain implantés partout sur le territoire, aussi bien dans les grandes villes qu’en milieu péri-urbain ou en milieu rural. Il y a bien sûr une grande diversité de tailles, de contextes et d’implantations territoriales mais également des missions fondamentales communes et des préoccupations convergentes. La structuration professionnelle est un axe d’action par exemple, faute d’une convention collective dédiée au secteur des arts visuels. Nous avons ainsi organisé l’année dernière un Forum professionnel à destination des équipes des centres d’art, avec le soutien du Ministère de la Culture, notre partenaire historique. 9 lives : L’événement au Palais de Tokyo, genèse et enjeux, parcours, scénographie L. S. : Il s’agit bien d’abord d’un événement, et non d’une exposition comme en produisent les centres d’art. Nous avons voulu proposer une fenêtre ouverte sur ce que font les centres d’art, dont le grand public ne perçoit pas toujours les spécificités par rapport à d’autres structures d’art contemporain, comme les écoles d’art, les collections publiques ou les galeries. Les centres d’art n’ont pas de collections mais des missions bien spécifiques : l’accompagnement des artistes, la production d’œuvres d’art contemporain, la recherche et l’expérimentation, notamment en matière de médiation et d’éducation artistique et culturelle, l’organisation d’expositions. C’est ce rôle fondamental que l’événement au Palais de Tokyo donnera à voir pendant trois jours au grand public, à travers des performances, des œuvres sonores, une programmation vidéo, qui ont été sélectionnés par un comité de pilotage suite à un appel à participation lancé aux 50 centres d’art qui sont nos membres, mais aussi des conférences, des tables rondes et des témoignages. Nous présenterons aussi différents dispositifs au public, comme cette bibliothèque éphémère, qui réunira en libre consultation des centaines de publications des centres d’art, ou encore cet inventaire visuel de l’ensemble des artistes présentés par les centres d’art depuis leur création, soit un mur de plusieurs mètres de long et de haut. Je suis d’ailleurs impatiente de le découvrir : il regroupera environ 15 000 noms d’artistes. C’est le fruit d’un travail en cours, notamment pour la constitution d’une base-ressource des œuvres produites dans les centres d’art (environ 1000 par an), et qui sera autant utile pour les amateurs que pour les professionnels et les enseignants. 9 lives : Quelles perspectives à l’heure d’une réduction constante des budgets, qui a conduit à la fragilisation de certains centres d’art ? L. S. : D’abord, il faut relativiser les fermetures, qui restent heureusement rarissimes, et il ne faut pas réduire les centres d’art à cette question. Mais oui, les crédits baissent de façon tendancielle. C’est le cas des crédits déconcentrés de l’État, qui après des coupes sévères ont connu une légère augmentation depuis trois ans mais qui n’ont pas retrouvé tout à fait le niveau qui était le leur il y a dix ans. C’est le cas dans les territoires aussi, que ce soit dans les départements où la culture n’est plus une compétence obligatoire, ce qui conduit à des situations alarmantes, ou que ce soit dans des endroits où les baisses de crédits relèvent d’un choix idéologique, d’une hostilité à la création contemporaine. Nous sommes du coup très proactifs sur ce sujet vis-à-vis des pouvoirs publics, et il faut se réjouir des collectivités territoriales où les élus continuent à soutenir leur centre d’art car ils savent bien que ce sont des structures dynamiques, qui innovent en permanence, qui constituent des modèles en matière d’éducation artistique et culturelle, qui participent d’une économie locale en travaillant avec des artisans et des entreprises sur les territoires où ils sont implantés, ou dans le cadre du tourisme local. Il faut savoir que les centres d’art membres de d.c.a accueillent en effet chaque année environ 1,6 million de visiteurs. Des élus territoriaux seront présents à Paris, au côté des équipes des centres d’art, pour l’inauguration des 25 ans au Palais de Tokyo. 9 lives : Quelles synergies européenne et internationale ? L. S. : La question internationale est présente depuis toujours à d.c.a, et naturellement dans les centres d’art. Au sein de d.c.a, nous avons mis en place depuis près de dix ans des projets de coopérations bilatérales avec des structures similaires aux nôtres en Europe, par exemple avec l’Allemagne (projet Thermostat) et l’Italie (projet PIANO). Des échanges se sont développés récemment avec les pays scandinaves, comme la Norvège, ou encore avec l’Espagne et le Portugal. Aujourd’hui, d.c.a conduit une réflexion pour la structuration de ces échanges autour d’une plateforme européenne associant plusieurs de ces pays du Nord et du Sud de l’Europe. Les sociétés européennes sont confrontées à un certain nombre de problématiques communes qui impactent la création contemporaine, et donc les centres d’art (montée des extrémismes, question du financement de la création, etc.). Les réponses diffèrent selon les territoires , mais des solutions peuvent être envisagées en commun. d.c.a est moteur de cette dynamique européenne, en raison de notre rôle d’interface politique en France, qui est envié dans d’autres pays où il y a d’ailleurs rarement un réseau national structuré. Le label »Centre d’art » en cours de mise en œuvre dans le cadre de la loi relative à la liberté de création votée en 2016 et auquel d.c.a a été associé dans sa rédaction, peut constituer un exemple pour certains pays, comme l’Espagne et le Portugal. Nous en discuterons avec nos partenaires européens lors des 25 ans de d.c.a au Palais de Tokyo, à l’occasion d’une table ronde dédiée et en lien avec l’Institut français. 9 lives : Comment jugez-vous la scène française et les initiatives prises ? L. S. : En France, nous bénéficions d’un écosystème particulier, important, diversifié, qui est positif pour la création et les artistes. Toute initiative prise pour le renforcer et y reconnaître les rôles de chacun est important. Les centres d’art jouent un rôle majeur dans cet écosystème et il faut qu’ils soient reconnus à la hauteur de leur action. Nous restons naturellement très vigilants dans cette optique. INFOS PRATIQUES : L’ART AU CENTRE Les 25 ans de D.C.A Palais de Tokyo 75116 Paris Les 24, 25 et 26 novembre 2017 Cliquez ici pour accéder au détail de la programmation jour par jour ! L’Art au centre | Palais de Tokyo http://www.dca-art.com/ Marque-page1
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