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Partager Partager Véronique Collard-Bovy, directrice de Fraeme commence sa présentation des actualités de Fraeme par l’engagement pris autour des réfugiés ukrainiens à travers une série de mesures concrètes à Marseille et en région aux côtés des membres du réseau Plein Sud. Elle nous accueille à l’occasion de l’exposition collective Mimicry-Empathy sous le commissariat de l’artiste Susanne Bürner dans le prolongement d’une première occurrence à la Fondation Lajevardi à Téhéran. Mimicry—Empathy, vue d’exposition, 2022. Produit par Fræme, cur. Susanne Bürner, Friche La Belle de Mai, Marseille Entre le mimétisme comme stratégie de survie et d’adaptation et la véritable empathie où se situe la limite ? Telle est l’une des questions que pose cette exposition collective rassemblant 18 artistes internationaux. Précisons que Susanne Bürner, artiste basée à Berlin, développe des recherches autour de la faculté déceptive et manipulatrice de l’image. Plusieurs de ses œuvres sont exposées. Nous sommes accueillis par l’œuvre de BLESS (Désirée Heiss et Ines Kaag) qui agit comme un seuil mouvant avec ces rideaux transparents qui flottent et reprennent les motifs extérieurs du paysage urbain. Un jeu optique qui créé une illusion et nous projette dans un entre- deux, annonciateur de ce qui va suivre. Le parcours ouvre sur la notion du masque avec le projet du duo d’artistes polonais Wiktor et Waldemar Raniszewski qui envisage les peintures corporelles comme espace de contestation. Le temps du Festival Rockowisko qui s’est tenu en novembre 1981, la veille d’une loi martiale très coercitive prise par un état totalitaire en réponse à la montée en puissance de Solidarnosc, ils ouvrent sur place un atelier de maquillage qui remporte un franc succès. Les jeunes vivent alors une parenthèse de liberté temporaire dont témoigne ce diaporama « Expressions on a Face ». Les maques-tapis de Caroline Achaintre rejoignent cette notion de double et de miroir. Mimicry—Empathy, vue d’exposition, 2022. Produit par Fræme, cur. Susanne Bürner, Friche La Belle de Mai, Marseille Ces facultés de dédoublement et de camouflage ont toujours existé dans la nature comme le rappellent le film de Daniel Steegmann Mangrané autour de la figure du phasme et les tirages de Jochen Lempert, biologiste de formation qui poursuit des recherches documentaires autour des changements climatiques visibles et invisibles sur tout l’écosystème animal et végétal. On se souvient de sa remarquable exposition au Crédac « Jardin d’hiver ». Une tentative de fusion avec la nature poursuivie par le modèle Vera von Lehndorff qui décide de se fondre dans une caverne entièrement recouverte de peinture grise. Nous passons dans un mode plus humoristique avec la vidéo « Grey Area » de Sofia Hultén qui reprend les codes de la vie de bureau comme terrain de jeu dans une tentative absurde et drolatique de disparaitre. Même humour à l’œuvre avec les simulacres militaires d’un char gonflable privé de sa vocation initiale chez Anika Schwarzlose qui a enquêté sur le Département de camouflage et de leurre militaire de la NVA, unité active pendant la Guerre Froide. Annette Kelm joue sur la notion de trompe l’œil à partir d’un faux billet de 500 € présenté selon les codes du portrait, l’année de sa suppression officielle. Susanne Bürner qui comme je l’ai précisé en préambule est artiste revient sur la thématique du drapé dans l’histoire de l’art à travers des montages photographiques où la soie n’en finit pas de se dérober. Les miroirs de l’artiste Alexandra Leykauf sur lesquels sont imprimés des figures anthropomorphes de dieux et déesses celtiques « Stick Men » ouvrent un espace de projection infini, le corps du regardeur devenant partie prenante du processus. Les rituels sociaux en tant que stratégies d’intégration sont explorés par Ulla von Brandenburg à travers la vidéo « It Has a Golden Sun and an Elderly Grey Moon » qui reprend les codes et différents rôle joués au sein de la société par un groupe de chorégraphes. La sculpture multi focale de Berta Fischer agit comme l’épicentre du parcours, sa cristallisation, à travers ses nombreuses facettes transparentes gravées au laser à partir de feuilles agissant comme les rhizomes en puissance, les déflagrations des enjeux soulevés par les œuvres réunies dans une exposition à la fois dense et très lisible autour d’artistes majoritairement féminines et allemandes que l’on connait moins en France. De belles découvertes à la fois sensibles et formellement abouties autour de l’identité et ses multiples parades à l’heure du grand narcissisme des réseaux sociaux. A partir du 24 juin, Fraeme proposera une double exposition de Wilfrid Almendra au Panorama (Friche Belle de Mai) et au FRAC Provence Alpes Côte d’Azur en parallèle de l’exposition des artistes Prune Phi et Sandar Tun-Tun, actuellement résidentes Triangle-Astérides. A découvrir également à la Friche, Tour Panorama : Dominique White, Les cendres du naufrage, une proposition de Triangle-Astérides (interview à suivre de Céline Kopp). INFOS PRATIQUES Mimicy-Empathy, un projet de Susanne Bürner à l’invitation de Fraeme Avec : Caroline Achaintre (FR), Armin Alian (IR), BLESS (AT, DE), Ulla von Brandenburg (DE), Susanne Bürner (DE), Berta Fischer (DE), Wiktor Gutt / Waldemar Raniszewski (PL), Sofia Hultén (DE), Annette Kelm (DE), Jochen Lempert (DE), Alexandra Leykauf (DE), Sonya Schönberger (DE), Anika Schwarzlose (DE), Daniel Steegmann Mangrané (ES/BR), Vera von Lehndorff / Holger Trülzsch (DE) Jusqu’au 5 juin 2022 Programmation associée : conférences, workshops… A partir du 24 juin : Fraeme proposera Adelaide, une exposition de Wilfrid Almendra au Panorama (Friche) et au FRAC Provence Alpes-Côte d’Azur. Fræme (fraeme.art) A découvrir également : l’exposition de Catherine Melin au Frac Provence-Alpes-Cote-d’Azur Ensemble de la scène marseille : agenda PAC – Accueil (p-a-c.fr) Marque-page1
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