Une fois n’est pas coutume, cette semaine nous confions notre rubrique L’Invité·e à Frédérique Founès, qui s’était déjà prêtée à l’exercice en 2017, à l’occasion des 10 ans de l’agence Signatures qu’elle dirige. Aujourd’hui, c’est en tant que directrice artistique du Moulin Blanchard que nous la recevons : la saison 2026 a été lancée en avril dernier avec un premier volet autour du portrait, visible jusqu’à dimanche ; le second volet, avec le Festival Moulin Blanchard hors les murs, ouvrira ses portes dans le Perche le 30 mai autour du thème « La pomme dans tous ses états » !

© Archives personnelles

À partir de 1990, après des études d’audiovisuel, Frédérique Founès occupe successivement les postes de responsable des relations presse puis de chargée de production des expositions aux Galeries photo de la Fnac.
En 1995, elle rejoint Les Petits frères des pauvres comme directrice marketing et participe à la création de Fait & Cause, galerie dédiée à la photographie sociale. Elle y assure les relations presse, la recherche de partenariats, ainsi que plusieurs commissariats. En 2002, elle intègre l’agence Editing au poste de directrice des projets culturels.
En 2008, elle cofonde l’agence Signatures, qui réunit 35 photographes sélectionnés pour la singularité de leur écriture et leur approche commune de l’image. En 2017, l’agence diversifie ses activités avec l’ouverture de sa galerie.
Parallèlement, elle assure la direction du Prix Nadar de 2012 à 2015 et signe plusieurs commissariats d’exposition pour les Rencontres d’Arles (2003 et 2004), les Mois de la Photo (2006, 2007 et 2017), ainsi que pour l’ensemble des projets collectifs hors les murs de Signatures.
Elle préside le Comité de liaison et d’action pour la photographie (CLAP) et a enseigné en formation continue à l’école des Gobelins.
Au sein de l’agence Signatures, elle développe également Signatures Advisory, une activité de conseil destinée aux photographes, institutions, associations culturelles et entreprises, s’appuyant sur son expertise dans l’accompagnement de projets artistiques.
Depuis 2025, elle est directrice artistique du centre d’art Moulin Blanchard, qui produit une plus d’une quinzaine d’expositions par an et organise un festival mêlant photographie et art contemporain.

https://www.signatures-photographies.com/
https://leclap.org/
https://www.moulinblanchard.com/

Le portrait chinois de Frédérique Founès :

Si j’étais un musée ou une galerie :
« Roden Crater » de James Turrell, un lieu mythique encore inachevé au milieu du désert de l’Arizona, près de Flagstaff, pensé comme une œuvre totale autour de la lumière, du ciel et de la perception, et qui n’est toujours pas totalement ouvert au public.
Si j’étais un(e) artiste (tous domaines confondus) : toujours James Turrell, pour ses œuvres immersives basées sur la lumière, un élément éminemment photographique, où la perception, les couleurs et l’espace sont vécus physiquement et transforment le regard en expérience sensorielle.
Si j’étais une citation : « Carpe diem, quam minimum credula postero. »
Si j’étais une œuvre d’art : « Zeus », le cheval mécanique réalisé pour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques d’été de 2024, conçu par Atelier Blam, il appartient à une culture quasi universelle. Aujourd’hui visible sur le parvis du Conservatoire national des arts et métiers, cette œuvre est malheureusement désormais la propriété d’une entreprise privée.
Si j’étais un livre : le dernier qui m’ait vraiment intéressée, « Le Crépuscule des hommes » d’Alfred de Montesquiou, sur les journalistes, écrivains et photographes venus couvrir le procès de Nuremberg face à l’effondrement moral et politique de l’Europe.
Si j’étais un film : idem, le film qui m’a récemment le plus marquée, « Sirāt » d’Oliver Laxe, pour son nihilisme, entre errance et fin des repères, où les personnages semblent avancer sans autre horizon que le mouvement lui-même.
Si j’étais un morceau de musique : « Sexcetera » de Michel Polnareff, je plaisante, probablement l’une des chansons les plus réactionnaires qui soient, accompagnée d’un clip en IA sidérant, la vieillesse est un naufrage.

Si j’étais une photo accrochée sur un mur : probablement un souvenir, un portrait de ma mère pris en Provence, ses yeux bleus et le col rond de son t-shirt azur parfaitement coordonnés.
Si j’étais un sentiment : pas vraiment un sentiment, plutôt un trait de caractère, l’obstination.
Si j’étais un objet : le smartphone sur lequel je rédige mes réponses à ce questionnaire.
Si j’étais une expo : Lee Miller dans toute sa diversité, révélatrice de beauté et œil témoin de la pire réalité humaine.
Si j’étais un lieu d’inspiration : je trouve l’inspiration dans le repos et le retrait, donc, « World Record » de Paola Pivi, une installation immersive de 100 m² que j’ai pu expérimenter seule. Elle est composée de deux immenses matelas superposés, l’un au sol, l’autre suspendu au-dessus du visiteur, créant un passage dans lequel on circule physiquement entre le haut et le bas, dans une ambiance sonore forcément ouatée. Cette œuvre peut probablement provoquer chez certains une sensation d’écrasement, elle produit chez moi l’effet inverse, une forme d’apaisement inspirante. (Voir l’installation en cliquant-ici)
Si j’étais un breuvage : un coca zéro en pleine canicule, des calories pour une bonne pâtisserie, ça vaut le coup, par contre, pour un breuvage aussi ultra-transformé, autant économiser le sucre.
Si je devais parler de personnes inspirantes : Denise, la mère de ma meilleure amie d’enfance, qui m’a initiée très tôt aux loisirs créatifs avec son coffre magique rempli de papier crépon et d’accessoires, et Catherine, la mère de mon amie d’adolescence, qui m’a sauvé la vie.
Si j’étais un vêtement : les santiags que j’ai aux pieds, parce qu’elles sont d’un confort absolu tout en étant, paradoxalement, perçues comme un accessoire contraignant.

CARTES BLANCHES DE NOTRE INVITÉE

Carte blanche à Frédérique Founès : L’œil dys (lundi 18 mai 2026)
Carte blanche à Frédérique Founès : Métier passion (mardi 19 mai 2026)
Carte blanche à Frédérique Founès : Persistance (mercredi 20 mai 2026)
Carte blanche à Frédérique Founès : Au delà de l’exposition « La diagonale du plein », une expérience collective d’agence (jeudi 21 mai 2026)
Carte blanche à Frédérique Founès : Le Moulin dans le vent (vendredi 22 mai 2026)

INFORMATIONS PRATIQUES

ven17avr(avr 17)14 h 00 mindim24mai(mai 24)18 h 30 minSaison 2026 du Moulin BlanchardMoulin Blanchard, 11 Rue de Courboyer 61340 Perche-en-Nocé

sam30mai(mai 30)14 h 00 minmer15jul(jul 15)18 h 30 minFestival Moulin Blanchard hors les murs 2026La pomme dans tous ses étatsMoulin Blanchard, 11 Rue de Courboyer 61340 Perche-en-Nocé

À LIRE
Covid-19 et les agences : Rencontre avec Frédérique Founès de Signatures, maison de photographes
Rencontre avec Frédérique Founès : Lancement du CLAP dans la continuité du mouvement #PayeTaPhoto
Nos invitées de la semaine sont Frédérique Founès et Marie Karsenty
Saison 2026 au Moulin Blanchard : Le portrait, entre regard et mémoire

La Rédaction
9 Lives magazine vous accompagne au quotidien dans le monde de la photographie et de l'Image.

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