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Partager Partager Actu Art ContemporainOtherSide VASARELY, le Warhol à la française célébré à Pompidou Marie-Elisabeth De La Fresnaye14 mars 2019 L’expression est de l’un des deux commissaires, Arnauld Pierre, de l’ambitieuse relecture que propose le Centre Pompidou “Vasarely, le partage des formes”. Titre assez timide pour retranscrire ce qui ressemble à une véritable révolution dans cette France du progrès portée par les “trente glorieuses” dont le hongrois d’origine (naturalisé en 1961) se fait le héraut. Né à Pécs en 1906 Victor Vasarely commence d’abord par étudier la médecine qu’il abandonne pour entrer dans le “petit Bahaus” de Budapest, avec comme mentor Sandor Bortnyik. Il arrive à Paris en 1930 et est engagé par l’agence Havas. Fasciné par les jeux de lumière provençale à Gordes ou les craquelures des carrelages des stations de métro parisien, il pose un premier jalon vers le cinétisme avec “Hommage à Malevitch”. Après un épisode Noir-Blanc il rencontre Denise René qui devient son amante et lui offre une première exposition en 1955 “Mouvement”aux côtés de Duchamp, Calder, Pol Bury, Soto. Il publie cette même année son “Manifeste Jaune”, anticipant son Alphabet plastique, langage combinatoire à l’infini, amplement diffusé par le recours au multiple. En 1965 c’est la consécration, il participe à l’exposition du Moma, “The Responsive Eye”et fait la couverture du Times Magazine. Denise René ouvre une galerie à New York. L’Op art est né et se veut la version européenne du Pop ! La France tombe dans une “vasarelite aigue”: la télévision, les magazines, la musique (pochette du mythique Space Oddity de Bowie), le cinéma (la prisonnière de Cluzot), la mode succombent, sur fond de conquête spatiale. Une utopie qu’il transpose également en architecture avec le concept de la “Cité polychrome du bonheur” à Créteil ou Caracas (Cité universitaire). Autres emblèmes, parisiens : la façade du nouveau siège de la radio RTL rue Bayard (qui sera démontée finalement en 2017) qu’il conçoit avec Yvaral son fils, le fameux logo Renault, la grande fresque de la gare Montparnasse (hall de départ), le portrait en 3 D de Georges Pompidou à l’ouverture du Centre, incarnent cet esperanto visuel qui envahit tout jusqu’à frôler l’overdose. A tel point que la critique et les institutions vont rejeter en bloc cette approche cinétique de la modernité, ce qui entraine dans la décennie suivante une chute sévère de sa cote (75%). Les difficultés rencontrées par la Fondation Vasarely à Aix en Provence, son centre architectonique en état de conservation préoccupant, ne favorisent pas une possible revalorisation du maître qui inspire cependant toute une nouvelle génération d’artistes dans les années 2000. Un retour en grâce légitime pour ce rêveur cosmique qui n’en finit pas de pressentir les mutations à venir de notre monde. La démarche du Centre Pompidou suffira t-elle pour ancrer cette réévaluation durablement et non céder à la vague vintage revival terriblement actuelle ? Une visite s’impose dans ce qui ressemble à un fascinant labyrinthe polysensoriel. INFOS PRATIQUES : Vasarely, le partage des formes jusqu’au 6 mai 2019 Centre Pompidou Place Georges-Pompidou 75004 Paris https://www.centrepompidou.fr/ Catalogue aux éditions du Centre Pompidou, 232 pages, 39, 90 € en vente à la librairie. #ExpoVasarely Visiter la Fondation Vasarely, classée Monuments historiques, Jas de Bouffan 13096 Aix-en-Provence http://www.fondationvasarely.org Marque-page0
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