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Partager Partager Actu Art ContemporainOtherSide Les talismans de la Fondation Gulbenkian Marie-Elisabeth De La Fresnaye4 mai 2018 Chacun de nous porte son talisman en lui, convoqué dans des phases de doute ou de succès. Tour à tour protecteur ou maléfique il peut aussi se retourner contre sa créature. Doté de pouvoirs surnaturels il joue un rôle de fétiche auprès des artistes que convoque la Fondation Gulbenkian dans sa puissante et énigmatique nouvelle exposition. Il est question d’effondrement et de possible réparation à travers cette narration ponctuée des poèmes de Tarek Lakhrissi faisant offices de cartels. Né en France de parents marocains, le désert a pour lui une résonance particulière, comme un paysage spatio-mental à partir duquel les œuvres entrent en scène. Nous sommes accueillis par le lustre au ras du sol, de Maria Hassabi (Chypre) qui réactive le prestigieux décor de l’avenue d’Iéna à partir des réserves du nouvel immeuble du boulevard de la Tour-Maubourg. Fusion des temps et des espaces. L’installation rétro futuriste du californien Laddie John Dill évoque le sable et ses mouvances, tandis que Leonor Antunes renvoie à l’histoire coloniale du Brésil et ses mines d’or, autre chimère. Cildo Meireles part aussi de cet héritage pour oser un geste radical (brûler des poulets vifs à Belo Horizonte) en référence au culte vaudou précolonial et la figure du héros national Tiradentes exécuté pour acte de rébellion contre la domination portugaise. Le duo Claire Fontaine cristallise la suprématie du dollar américain synonyme d’armes et de dérives potentielles. Entre réalité historique et fiction intime toujours avec Bady Dalloul à partir de l’Etat d’Oman, dont la seule philatélie témoigne de l’existence. Eléonore False à travers son installation “Espace de travail #4″puise dans le corps chorégraphique du mouvement Gutaï pour donner à voir un volume sculptural en écho à l’espace d’exposition. Figure historique, On Kawara avec “I am still alive”et “One Million Years” invente un compte à rebours de notre humanité en voie de disparition. Un geste devenu mythique et largement repris par de nombreux artistes. Kader Attia enfin, qui bénéficie d’une large actualité en ce moment, part d’une blessure sur un miroir pour déclencher chez le regardeur empathie et introspection. Chez lui le trauma historique devient le vecteur d’une possible relecture interne, Boris Cyrulnik, neuro-psychiatre parle de résilience. Il fait partie du groupe de penseurs également convoqués par la commissaire de l’exposition. Entre souffrance et acte de guérison (Art Orienté Objet) il n’y a qu’un pas à franchir, chacune de ces œuvres devenant le réceptacle d’énergies qu’il nous faut dompter et apprivoiser. Salutaire programme ! Oeuvres de : Adonis, Leonor Antunes, Art Orienté Objet, Kader Attia, Pedro Barateiro, Bady Dalloul, Laddie John Dill, Eléonore False, Isabelle Ferreira, Claire Fontaine, Maria Hassabi, On Kawara, Tarek Lakhrissi, Cildo Meireles, James Nares, Azzedine Salek, Lawrence Weiner Conférences : Dingdingdong – Emilie Hermant et Valérie Pihet (18 avril 2018) Kader Attia (19 juin 2018) Chorégraphies, films et performances : Pedro Barateiro, Maria Hassabi, Liz Magic Laser, Pedro Neves Marques, Francisco Tropa, Ana Vaz En partenariat avec Le Jeu de Paume et le Festival Move au Centre Pompidou pour la programmation culturelle. Infos pratiques : Talismans le désert entre nous n’est que du sable jusqu’au 1er juillet 2018 Délégation en France de la Fondation Gulbenkian Entrée libre. https://gulbenkian.pt/paris Marque-page0
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