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Partager Partager L'Invité·e Visa pour l’image, un festival qui ne rémunère pas les droits d’auteur ? Le Coup de gueule de Jean-François Leroy Ericka Weidmann5 septembre 2018 Nouvelle journée, nouveau coup de gueule pour Jean-François Leroy, le Directeur de Visa pour l’image – Perpignan. Il souhaite aujourd’hui évoquer la question de la rémunération des droits d’auteur au sein de son festival. J’ai envie d’aborder la tribune des photographes #Payetaphoto publiée dans Libération. C’est très marrant car il y a beaucoup de photographes qui ont signé cette pétition, dont deux ou trois qui sont actuellement exposés à Visa cette année. Comme je ne paye pas de droits d’auteur, je leur ai donc proposé de retirer leur exposition de la programmation. Ils m’ont répondu non, que Visa ce n’était pas pareil. « Si j’avais plus d’argent, ce serait avec le plus grand bonheur que j’offrirai en plus les droits d’auteur aux photographes ! » A Visa pour l’image, en effet nous ne reversons pas de droits d’auteur aux photographes exposés, mais nous produisons les tirages d’exposition, nous défrayons pour le transport et l’hébergement des photographes et ce, d’où qu’ils viennent. Du Vénézuéla, de Papouasie, d’Australie ou d’Afrique du Sud, on prend en charge leur voyage et leur semaine d’hôtel, et ensuite à la fin du festival, on leur offre leur exposition composée en moyenne d’une quarantaine de tirages prestige en 50×60 cm. C’est entre 4000 et 6000 euros. Je ne suis pas sûr que les photographes préféreraient que je change les règles, en disant que je détruis les tirages mais que je rémunère 2000 euros en droit d’auteur… Cette exposition, ils peuvent la louer voire la vendre. Ils peuvent vendre les tirages à l’unité, ils peuvent les offrir.… ils en sont maîtres. Ce n’est pas rien. Enfin je trouve. Si j’avais plus d’argent, ce serait avec le plus grand bonheur que j’offrirais en plus les droits d’auteur aux photographes ! Pour un photojournaliste, le fait que tous les éditeurs du monde soient réunis à Visa est une vraie chance, car il y a quand même le Washington Post, le New York Times, le Guardian, le Stern… ils sont tous là. Les photographes nous disent que ça vaut un tour du monde pour présenter ses sujets. Frédéric Noy, avec son sujet sur les tournages du cinéma d’action en Afrique présenté l’an passé, a vendu son sujet à cinq rédactions et il m’a dit « sans toi je n’aurai pas vendu tout ça« . Pour faire un petit parallèle, non négligeable, j’ai un budget de 2,4 millions d’euros; excepté le badge professionnel qui est vendu 60€ pour accéder aux stands de presse et aux lectures de portfolio, tout est gratuit, : les expositions, les conférences et les soirées. D’autres festivals qui ont 7 millions, où toutes les expositions et les soirées sont payantes, ne reversent que 500 euros de droits d’auteur aux photographes exposés. Et j’ajouterai que mon salaire n’est pas celui de Sam Stourdzé… C’est souvent que l’on met les Rencontres d’Arles et Visa pour l’image sur le même pied d’égalité, mais sans jamais parler de la différence de budget et de la différence de billetterie, ce qui n’est pas négligeable, loin de là. C’est une vision à double détente. Quand le ministère de la culture m’appelle pour me demander si je paye les photographes, je réponds non, en leur exposant le même raisonnement que donné ici, et ils me rétorquent « il faut qu’on trouve une solution« . Alors s’ils me trouvent une solution, il faut qu’elle soit pérenne, et non sur un an, parce que si je rémunère les droits d’auteur en 2018, il n’est pas possible que je ne la fasse pas les années suivantes. Voilà donc où nous en sommes… (Lire notre article publié en juillet dernier Tout va bien madame la marquise… Quand les photographes sont au bord de l’asphyxie) INFORMATIONS PRATIQUES Missing Event Data Missing Event Data Pour ceux qui ne peuvent se rendre à Perpignan, pour cette édition anniversaire, Visa pour l’image s’expose à La Villette lors du week-end du 15 et 16 septembre ! Marque-page0
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